Laszlo Meszaros et Christian Seely

La renaissance de la parcelle Hangács à Disznókő

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Ce lundi j’étais en Hongrie pour déguster avec László Mészáros les vins Aszú exceptionnels du millésime 2016. A cette période de l’année, Tokaj peut être soit très froid, soit enveloppé d’un épais brouillard, ou parfois les deux en même temps. Mais occasionnellement, il y a des journées comme ce lundi où un soleil d’hiver éclatant révèle toute la splendeur et la beauté de cette région viticole.

Disznoko et le Mont Tokaj
Point de vue de Szt Tomas à côté du village de Mád, sur le vignoble de Disznókő (centre droite) avec la perspective du Mont Tokaj à l’horizon

Une des principales raisons de ma visite était de venir inspecter les travaux de replantation de la parcelle Hangács située sur les coteaux au-dessus du vignoble de Disznókő. C’est un projet passionnant pour nous tous. Depuis les années 1960, le terrain de Hangács n’était pas cultivé. A cette époque, la ferme d’état, exploitante de ces vignes, favorisait les plantations à basse altitude, dans la plaine, pour faciliter les travaux viticoles avec de gros tracteurs.

Mais ce site, au sommet de la colline, est sans aucun doute un des plus grands terroirs de la région de Tokaj. Avant les années soixante, de la vigne a été cultivée ici des siècles durant. Au 16ème siècle les archives confirment que ce vignoble appartenait à la famille Balassi, en particulier au poète et soldat Bálint Balassi.

Laszlo Meszaros sur la parcelle Hangacs

László Mészáros, le directeur talentueux de Disznókő, sur la parcelle Hangács en cours de préparation pour la plantation, avec derrière lui le mont Tokaj et la chapelle Terézia.

Il est évident que le sol à cet endroit est bien drainé, puisqu’il était sec, tandis que les sols plus bas étaient lourds après la pluie récente. Ce zoom montre le sol volcanique caractéristique de la parcelle Hangács.

le sol de la parcelle Hangacs

Au total, nous allons planter 22 hectares, surtout avec du Furmint. C’est une preuve de notre foi en l’avenir des grands vins Aszú de Tokaj sur le long terme. Pour nous, c’est une profonde satisfaction d’entreprendre ce projet. Ce lieu qui était abandonné et en train de mourir, va revivre et produire à nouveau de grands vins dans quelques années, comme ce fut le cas pendant des siècles.

Avec un verre de Disznókő Tokaji Aszú 6 puttonyos 2006, nous célébrons l’avenir de Hangács
Avec un verre de Disznókő Tokaji Aszú 6 puttonyos 2006, nous célébrons l’avenir de Hangács

Avec l’expérience et les années qui passent, nous avons reconnu l’importance des différentes caractéristiques et identités de chaque terroir au sein du vignoble de Disznókő. La parcelle Kapi, à proximité de Hangács, produit des vins Aszú qui comptent parmi les plus remarquables du vignoble de Disznókő. Nous croyons profondément que dans les années futures, Hangács deviendra un des plus grands terroirs de Disznókő. C’est une grande joie pour nous d’amorcer le processus de replantation de cette parcelle afin de lui redonner vie.

L’après-midi s’est terminé avec un magnifique coucher de soleil sur la plaine hongroise. Cet endroit est magique.

coucher de soleil depuis la parcelle Hangacs

Pour des informations détaillées sur la replantation de la parcelle Hangács, visitez le site Web de Disznókő : http://disznoko.hu/fr/disznoko-experience/la-replantation-de-la-parcelle-hangacs-un-nouveau-grand-projet/

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Vendanges en cours à Pichon Baron

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Nous vivons un magnifique été indien ici à Bordeaux et, au fur et à mesure que les journées passent, le millésime 2016 devient de plus en plus remarquable.

2016 a été une année de contrastes, avec un début de saison extrêmement humide, une pluviométrie record jusqu’au mois de juin, puis un temps très chaud, sec et ensoleillé jusqu’en septembre. Il a fait si chaud et sec que nous étions un peu inquiets début septembre car les raisins n’avaient pas encore obtenu la maturité espérée à ce stade. Paradoxalement, une telle période prolongée de chaleur et de sécheresse peut ralentir la photosynthèse de la vigne, et donc retarder la maturation des raisins. Nous avions désespérément besoin de pluie afin que le vignoble reprenne son activité, puis d’une période prolongée de beau temps afin d’amener les raisins à pleine maturité. Nous aurions pu être facilement déçus.

La pluie qui est arrivée un peu plus tardivement que souhaité, a été conséquente. Cette averse vitale de 30 mm le 14 septembre, suivie par 5 mm entre les 16 et 17 septembre a eu un effet très bénéfique. S’en est suivie une période prolongée de temps idéal : des nuits et des matinées fraîches et des après-midis chauds et ensoleillés, ce qui nous a permis de démarrer les vendanges en douceur. Nous avons récolté chaque parcelle au moment optimal, en s’arrêtant un jour ou deux de temps en temps. Les merlots sont maintenant rentrés et semblent d’une qualité exceptionnelle, avec des couleurs profondes, des niveaux records d’anthocyanes et un fruit parfaitement mûr. Je viens de déguster les premiers vins avec Jean-René Matignon et je ne me rappelle pas avoir déjà goûté des merlots d’une telle concentration et structure.

Nous allons maintenant passer aux cabernets. Voici ci-dessous un aperçu de notre magnifique plateau de Pichon Baron hier, jeudi 6 octobre.

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Les raisins sont très sains, déjà mûrs, et les analyses montrent des niveaux d’anthocyanes qui nous rappellent le millésime 2010. Ils se goûtent déjà très bien, mais ils vont encore profiter de ces parfaites conditions quelques jours supplémentaires pour atteindre une maturité et une concentration idéales. La semaine prochaine sera celle des vieilles vignes de cabernet sauvignon. Nous continuerons à prendre notre temps et nous devrions finir au milieu de la semaine suivante, un peu plus tard que d’habitude. Le verdict, comme toujours, aura lieu pendant la dégustation des vins « en primeurs » quand le monde entier viendra déguster nos vins à Bordeaux au printemps prochain. A ce stade nous sommes très heureux de ce que la nature nous a donné durant ces dernières semaines, et nous pensons qu’un grand millésime est en train de se dessiner.

Quinta do Noval Vintage Nacional 2001 et Quinta do Noval Vintage 2014

Les Portos Quinta do Noval Nacional Vintage 2001 et Quinta do Noval Vintage 2014

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J’étais dans la vallée du Douro la semaine dernière, où les vendanges sont en cours. Après un début d’année très humide, nous avons ensuite eu un des étés les plus chauds et secs jamais connus, c’est pourquoi  ce fut une année de contrastes. Les vendanges se déroulent  dans d’excellentes conditions, et nous en saurons plus sur la qualité finale des vins dans quelques semaines, même si cela semble bon jusqu’à présent.

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Voici une photo des vendanges tôt le matin à Quinta do Noval la semaine dernière, les cagettes au premier plan. Cette photo a été prise du promontoire au bout de la vallée Roncão, j’en étais à la moitié de mon jogging matinal, avec le Douro et une partie de Quinta da Romaneira en arrière-plan.

C‘est un des endroits que je préfère au monde. Les vignes ici sur la photo sont du Touriga Nacional, que nous avons plantées en 2000 et qui produisent déjà des vins  d’une qualité exceptionnelle.

Quinta do Noval était l’endroit où il fallait être la semaine dernière étant donné que nous avons mis sur le marché le même jour deux très grands Portos : notre Quinta do Noval Vintage 2014 et notre Quinta do Noval Nacional Vintage 2001.

Cliquez sur les liens ci-dessus pour lire ce que j’ai écrit au sujet de ces vins sur le site Web de Quinta do Noval.

 

Chateau Pichon Baron – 32ème Marathon du Medoc – Philippe Rémond

Un marathon réussi pour Pichon Baron

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Samedi dernier a eu lieu le 32e Marathon du Médoc. Comme chaque année, nous avons mis en place une solide équipe Pichon Baron, chacun avec une expérience et des capacités sportives très différentes, mais tous animés par le même enthousiasme pour l’événement.

Nous avons été très heureux que l’un des membres de l’équipe Pichon Baron, Freddy Guimard, ait remporté la course en 2h25, un temps excellent.

Chateau Pichon Baron – 32ème Marathon du Medoc – Freddy GuimardC’était la première fois que Freddy courait avec nous et qu’il finissait premier d’un marathon. Il est le champion de France du dix kilomètres, clairement un athlète superbe et déterminé, mais il s’est aussi magnifiquement intégré à l’ambiance d’ici, dégustant avec joie les vins de Pichon Baron, Suduiraut et Quinta do Noval la veille au dîner.

J’aimerais dire que ces vins ont eu un effet boostant sur les performances du lendemain, mais si tel était le cas, il serait difficile d’expliquer pourquoi mon temps réalisé au semi-marathon fut un peu plus long que celui de son marathon entier et victorieux.

Chateau Pichon Baron – 32ème Marathon du Medoc – Freddy Guimard
Freddy en train de courir devant le château, portant une couronne et son T-shirt Pichon Baron
Chateau Pichon Baron – 32ème Marathon du Medoc – Freddy Guimard
Freddy après la course avec les magnums Pichon Baron de la victoire

Freddy était avec nous car notre ami de longue date, Philippe Rémond, plusieurs fois vainqueur du Marathon du Médoc, membre de l’équipe Pichon Baron depuis des années et qui manage aujourd’hui l’équipe de France de course, l’a amené à Pichon avec un groupe d’amis qui courent régulièrement dans notre équipe. C’est pour nous tous à Pichon un honneur ainsi qu’un grand plaisir d’accueillir régulièrement Philippe au château et de le compter parmi les amoureux de Pichon Baron.

Chateau Pichon Baron – 32ème Marathon du Medoc – Philippe Rémond
Philippe Rémond avec l’équipe Pichon Baron avant la course. Mon fil Charles (dans mes bras) a apprécié l’ambiance mais a décidé de ne pas courir cette année

Yves Bruneau, le boucher de Bages, faisait également partie de notre équipe.

Chateau Pichon Baron – 32ème Marathon du Medoc – Patricia Doré, Yves Bruneau
Patricia Doré encourageant Yves

Sur cette photo, on le voit en train de passer devant Pichon à un stade précoce de la course, comme vous pouvez le constater par le peu de verres encore servis. Yves est arrivé à la deuxième place dans la catégorie des vétérans, et nous avons été très fiers de le compter dans notre équipe.

Chateau Pichon Baron – 32ème Marathon du Medoc – Christian SeelyJe suis passé à Pichon quelque temps après. Cette photo donne l’impression totalement trompeuse que je marche, alors que bien sûr, j’ai simplement ralenti afin de ne pas heurter Ruth Santry qui prenait la photo.

Chateau Pichon Baron – 32ème Marathon du Medoc – Marine Castel, Nicolas SantierNous avons servi à tous les coureurs qui avaient besoin d’un ravitaillement au kilomètre cinq à Pichon, dans des verres à vin bien sûr, Les Griffons de Pichon Baron 2014. Nicolas Santier et Marine Castel faisaient partie des volontaires qui ont pris soin des milliers de coureurs qui ont accepté ce verre.

Chateau Pichon Baron – 32ème Marathon du Medoc – les bénévoles Pichon Baron avec les musiciensServir le vin correctement à autant de personnes est un vrai défi logistique. Voici la superbe équipe des bénévoles Pichon Baron, à qui vont tous mes remerciements, ici en compagnie des musiciens de notre stand.

C’était, comme toujours, un grand jour, une célébration magnifique de la vie et du vin.

Chateau Pichon Baron – 32ème Marathon du Medoc – Philippe Remond, Christian Seely, Jean-Rene MatignonMe voici ici, clairement soulagé que la partie-course soit terminée et appréciant le déjeuner post-marathon avec Jean-René Matignon et Philippe Rémond.

© Château Pichon Baron – photos : Ruth Santry

Brexit et Bordeaux

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De nombreuses personnes m’ont demandé mon avis sur la façon dont le récent vote en faveur du Brexit pourrait affecter la relation traditionnelle et forte qui existe autour du commerce du vin entre Bordeaux et Londres.

J’ai pensé qu’il pourrait être utile d’essayer de mettre ici cette situation dans son contexte. Après un tel bouleversement, il y a inévitablement beaucoup d’incertitudes. Mais en regardant la situation de plus près, on trouve des motifs de réconfort.

A court terme, il y aura inévitablement quelques turbulences, principalement liées à la volatilité du taux de change. Mais pour ma part, je ne pense pas qu’il y ait de perturbations importantes sur le long terme. La Grande-Bretagne et Bordeaux entretiennent des relations commerciales étroites depuis des siècles : le marché britannique a une place à part dans le cœur des producteurs bordelais – de même que Bordeaux a une place à part dans le cœur des consommateurs de vin britanniques. Ce lien particulier, qui existait déjà de nombreux siècles avant l’Union Européenne, va perdurer. En tant qu’Anglais basé à Bordeaux et producteur de plusieurs vins bordelais, mais également en tant qu’Anglais tombé complètement amoureux de cette ville et de ses vins depuis longtemps, je me sens bien placé pour affirmer cela d’un côté comme de l’autre.

Ce sentiment a été renforcé suite à de nombreuses conversations que j’ai pu avoir, autant avec mes collègues producteurs à Bordeaux qu’avec mes compatriotes britanniques amoureux des vins de la région. J’affirme une opinion personnelle, mais je relaie également les conclusions de nombreuses conversations entretenues avec des personnes des deux côtés.

Le fait est que les principaux marchés d’exportation de Bordeaux sont de toute façon généralement extérieurs à l’Union Européenne.

Les chiffres d’exportation de l’ensemble des vins de Bordeaux au cours des 12 derniers mois placent le Royaume-Uni en quatrième position en termes de valeur. Les quatre autres destinations de ce top 5 (Hong Kong, États-Unis, Chine et Japon) se trouvent toutes en dehors de l’Union Européenne. Cela n’a pas empêché Bordeaux d’exporter vers ces pays.

Si nous examinons de plus près les six principaux marchés d’exportation des vins premium de Bordeaux (supérieurs à 15 € la bouteille, départ cave), il est également intéressant de noter que cinq d’entre eux ne sont pas dans l’UE et qu’encore une fois, le Royaume-Uni, en quatrième position, est le seul membre de l’Union Européenne (par ordre de valeur en euros : Hong Kong, États-Unis, Chine, Royaume-Uni, Suisse et Japon).

Il existe peut-être un risque politique à moyen terme lié à d’éventuels tarifs imposés sur les importations et exportations en provenance et à destination du Royaume-Uni. Non seulement ce serait triste, mais cela ne bénéficierait qu’aux producteurs du Nouveau Monde qui saisiraient cette opportunité d’augmenter leurs parts de marché au Royaume-Uni. Je pense et j’espère que des politiciens européens prévoyants et rationnels feront tout pour éviter une telle  issue qui serait manifestement négative pour Bordeaux et, de fait, pour tous les producteurs de vins européens.

L’une des choses que j’aime de Bordeaux, c’est qu’il s’agit d’une ville tournée vers l’extérieur, qui échange avec le monde entier. Elle a relevé il y a bien longtemps le défi de parcourir les quatre coins du monde pour promouvoir et vendre les vins de son vignoble. Le marché pour les grands vins de Bordeaux est un marché mondial : la Grande-Bretagne est un marché indispensable pour nos vins, traditionnel et moderne à la fois, avec une histoire grandiose, un présent dynamique et un avenir sans nul doute glorieux comme l’un des principaux marchés où les grands vins de Bordeaux sont appréciés. Il est important que les amateurs de vin du Royaume-Uni sachent qu’ils sont eux aussi très appréciés des vignerons bordelais : il y a des siècles que nos vins sont bus en Grande-Bretagne, et ils le seront encore pendant des centaines d’années. Malgré les difficultés à court terme, nous possédons un grand passé et un grand avenir ensemble.

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