Visite de Romaneira

Il y a quelques jours, j’étais dans le Douro avec António Agrellos. Il vient de s’acheter un camescope et nous avons décidé de filmer une visite virtuelle du vignoble et des installations techniques de Romaneira. António est derrière la caméra, je commente l’image. Nous avons probablement besoin de faire quelques progrès dans le montage video, mais je mets ici en ligne le résultat en trois parties car cela vous donne une vision globale du projet de rénovation du vignoble de Romaneira.

Cliquez sur les vidéos ci-dessous pour le découvrir.

Ne soyez pas surpris, les vidéos sont ici en v.o. anglaise en attendant de maitriser tout à fait le changement de langue du commentaire. 

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C’est la floraison ici à Bordeaux.

Voici une photo d’une grappe en fleur.

Une grappe en fleur à Pichon

Et en voici une autre d’un peu plus loin, qui montre Pichon à l’arrière-plan.

La floraison 2010 à Château Pichon Baron

Comme vous le voyez, le temps est ici merveilleux, parfait pour la floraison des vignes. C’est une période cruciale pour le vignoble. Trop de froid ou d’humidité pendant la floraison peut conduire à de la « coulure » ou du « millerandage », ce qui peut sérieusement amoindrir le potentiel de récolte. Les rendements s’en trouveraient alors diminués, parfois très significativement. Des irrégularités dans la maturation peuvent aussi résulter du millerandage et affecter la qualité, si l’on ne prend pas garde à un tri méticuleux à la vigne puis au cuvier.

 Je trouve cette période magique pour le vignoble. L’hiver est maintenant loin derrière nous, et l’été pointe son nez, déjà plein de fougue. Mais la fragilité de ces fleurs minuscules, de chacun de ces bouquets, nous rappelle ce miracle précaire de la vie, et combien nous dépendons de la Nature pour assouvir notre faim ou notre soif. Sans ces petites fleurs, avec leur parfum fin et délicat, il n’y aurait pas de raisin, et sans raisin, pas de Pichon Baron ! Souvenons-nous de ces fleurs lorsque nous ouvrirons notre prochaine bouteille.

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L’épamprage à Pichon Baron

Je viens de rentrer d’une courte visite de promotion à Singapour, et j’ai eu un réel plaisir, ce matin, à me promener de nouveau dans les vignes de Château Pichon-Longueville Baron, par une belle journée ensoleillée de printemps. Au cours de la semaine dernière, les vignes ont évolué rapidement et nous sommes actuellement en plein épamprage. Voici quelques photos montrant exactement de quoi il retourne.

Pichon-Baron - La vigne avant l'épamprage

La vigne avant l’épamprage. Des pampres poussent un peu partout sur le pied de vigne, qui a besoin qu’on le rafraîchisse un peu.

Pichon-Baron - épamprage - Michaël commence le travail de nettoyage de la vigne

Michaël commence le travail de nettoyage de la vigne. Sur le sol, on peut voir une ou deux pampres qui ont été coupées. Ces pousses n’auraient pas produit de fruit, et n’auraient fait que détourner l’énergie des bourgeons fructifères, que l’on ne trouve que sur les pousses de l’année précédente. Les autres bourgeons, présents sur les rameaux plus anciens, ne portent généralement aucun fruit et sont éliminés.

Pichon-Baron - épamprage à la serpette

Le travail avance. Dans la main droite de Michaël, on voit l’outil d’allure assez menaçante qu’il utilise : la serpette.

Pichon-Baron - épamprage - étape du rasage du pied de vigne

Voici l’étape du rasage du pied de vigne, où l’on s’assure que le vieux bois est parfaitement net. La plupart des pousses qui apparaissent sur les vieux bois ne porteront aucun fruit et doivent donc être éliminées. Essayez d’imaginer ce travail, qui doit être réalisé sur chaque pied de vigne de Pichon Baron, et vous commencerez à avoir une petite idée de l’ampleur de la tâche. Une seule personne peut normalement faire environ le quart d’un hectare en un jour sur des pieds de  Merlot, ou environ les deux tiers d’un hectare en une journée pour du Cabernet-Sauvignon.

Pichon-Baron - épamprage - éclaircissage des pousses sur le côté gauche de la vigne

Un petit éclaircissage des pousses sur le côté gauche du pied de vigne.

Pichon-Baron - épamprage - Satisfaction de Mickaël - Le pied de vigne a été parfaitement nettoyé

Satisfaction. Le pied de vigne a été parfaitement nettoyé. Remontez vers la première photo, pour le voir tel qu’il était auparavant. Toutes les pousses du vieux bois ont été éliminées, les pousses fructifères des deux côtés du guyot double ont été éclaircies. Le pied de vigne est prêt désormais à concentrer ses efforts sur les pousses fructifères qui demeurent. L’éclaircissage permettra une exposition optimale aux rayons du soleil, de même qu’une bonne aération, ce qui pourrait s’avérer vital dans les périodes humides, au cours desquelles un pied de vigne non nettoyé pourrait facilement être attaqué par la pourriture.

C’est un travail qui doit être réalisé sur chaque pied de vigne, afin de produire des raisins de grande qualité, pour le Château Pichon-Longueville.

On peut affirmer très justement que les grands vins de Pichon ne pourraient pas exister sans le grand terroir qui les produit. Pourtant, il arrive parfois que l’on parle trop de l’importance du terroir, au point d’en oublier d’accorder une reconnaissance suffisante à ces tâches essentielles, qui font appel à tout le dévouement et la compétence des personnes employées sur le vignoble, et sans lesquelles le grand vin de Pichon Baron ne serait pas ce qu’il est. La prochaine fois que vous lèverez votre verre de Pichon, pensez à la somme de travail qui l’a rendu possible.

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Quelle est votre plus grande exigence pour une bouteille de vin que vous buvez juste pour le plaisir ?

Steve Tanzer a mis récemment en ligne une rubrique questions/réponses régulièrement actualisée sur son site Internet Winophilia, dans laquelle il demande à une sélection de vinificateurs du monde entier de répondre aux questions qu’il y pose. Voici ma réponse à sa première question. Vous pourrez lire l’intégralité de l’article avec les réponses des autres vinificateurs en cliquant ici : http://www.winophilia.com/2010/03/25/requirement-1-for-drinking-pleasure-part-1/ Ca vaut le coup d’oeil. Il y a vraiment des réponses intéressantes.

Steve Tanzer : Quelle est votre plus grande exigence pour une bouteille de vin que vous buvez juste pour le plaisir ?

Christian Seely, Quinta do Noval et Château Pichon Baron (Portugal et France). Tout d’abord, je n’ai jamais bu de vin pour aucune autre raison ! Si je devais vous répondre en un mot, ma réponse serait « harmonie ». Pour être un peu plus explicite, je dirais que je recherche la fraîcheur, l’équilibre, l’harmonie et le plaisir de la consommation. Le plaisir de la consommation peut sembler être une exigence étrange, mais il existe des vins dont la dégustation est impressionnante mais n’encourage pas à boire plus d’un verre.

Pour aller plus loin, et peut-être se rapprocher d’une réponse claire à votre question, j’apprécie les vins qui me font rêver lorsque j’en ai un verre en face de moi, des vins qui me font penser à leur lieu d’origine : un Douro rouge avec un bouquet d’arômes qui me rappelle la beauté sauvage du Douro, par exemple, ou un grand Sauternes capable de me transporter dans les vignes de Suduiraut au moment des vendanges.

Il doit être bon, il doit être authentique. Je dois sentir qu’il ne me fait pas perdre mon temps. Ceci peut se produire à n’importe quel niveau. Cela n’a rien à voir avec le prestige ni le prix. Une fois que c’est décidé, je suis prêt à m’asseoir et à lui accorder tout le temps dont il a besoin.

www.winophilia.com – Stephen Tanzer’s Winophilia

Hier, étaient publiées les réponses à la question suivante : « Quel vin à prix modéré avez-vous récemment apprécié avec votre famille ? Et pourquoi ? ». Je vous invite à lire ma réponse sur http://www.winophilia.com/2010/04/20/winemakers-favorite-moderately-priced-wines/

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Semaine des primeurs à Bordeaux

La semaine dernière, le monde entier s’est donné rendez-vous à Bordeaux, pour goûter le millésime 2009. Il s’agit pour nous de l’une des semaines les plus mouvementées de l’année, puisque les visiteurs se succèdent toute la journée sans discontinuer et qu’un dîner est généralement organisé chaque soir. Malgré tout, c’est aussi une semaine que nous attendons avec impatience.

On pourrait objecter que dans la vie d’un vin, le mois de mars qui suit la récolte n’est peut-être pas le moment le plus approprié pour juger de sa valeur intrinsèque. Force est pourtant de constater que c’est exactement ce que tout le monde s’efforce de faire.

On évalue la qualité et le style du millésime, ainsi que les performances relatives de chaque propriété. Pour les producteurs tels que nous, c’est un moment excitant et angoissant à la fois. Le résultat de tout notre travail dans les vignes et dans le chai est soumis à l’examen des professionnels du vin. Bien entendu, nous avons notre propre opinion sur nos vins, mais nous sommes probablement trop passionnément impliqués dans ce que nous faisons pour pouvoir porter nous-mêmes un jugement objectif (bien que nous nous efforcions de le faire). Ainsi, il incombe à nos visiteurs de nous donner leur verdict, qu’ils soient journalistes, clients ou négociants. Vont-ils confirmer toutes les opinions que nous nous sommes faites sur la qualité de nos vins ? Vont-ils remarquer ce que nous avons essayé de faire ?

C’est dans la salle de dégustation de Pichon que nous recevons la plupart des visiteurs. La semaine dernière, j’ai également passé une partie du temps à Petit-Village, mais j’ai passé deux jours dans la salle de dégustation de Pichon. Déguster nos vins avec tous ces visiteurs différents au cours de la journée et écouter ce qu’ils ont à dire sur les vins et le millésime est une expérience fascinante et très agréable. Certains ne disent rien, bien sûr, le plus souvent ce sont les journalistes. Dans ce cas, on les accueille, on essaie de deviner la réaction d’après les expressions énigmatiques sur le visage des dégustateurs en question, puis on attend de lire ce qu’ils ont à dire. Cependant, ceux qui se sont exprimés ouvertement pour confirmer l’impression générale selon laquelle 2009 est un grand millésime sont suffisamment nombreux et le « buzz » autour de Pichon, Petit-Village et Suduiraut a été extrêmement positif. Nous devons maintenant attendre que les verdicts soient rendus publics et nous donnent une image complète du jugement des professionnels du vin sur le millésime et sur nos vins.

Pour ce que ça vaut, j’aime énormément le millésime 2009. Je me suis efforcé de faire des dégustations partout où j’ai pu le faire et je pense qu’il y a des vins vraiment excellents cette année. Mes préférés sont ceux qui, à mon avis, ont réussi à capturer l’essence du millésime 2009. Ces vins ont un fruit d’une très belle pureté et une concentration intense, mais se caractérisent surtout par leur harmonie et leur équilibre et par des tanins soyeux et d’une élégance extraordinaire, parfaitement enrobés par le fruit, bien que l’analyse révèle une forte teneur en tanins. Certains ont choisi de pousser davantage l’extraction, et leurs vins se caractérisent par des tanins plus présents, mais aussi par une concentration extrême du fruit. Je pense que 2009 sera une année marquée par les différences de style entre ceux qui ont recherché l’élégance et la finesse et ceux qui ont choisi de se concentrer sur une puissance plus grande. Pourtant, globalement, les vins sont formidables et je pense que l’opinion générale est qu’il s’agit d’un grand millésime pour Bordeaux. On a accordé une telle attention aux magnifiques vins rouges qu’il serait facile d’oublier que 2009 a également été une grande année pour les Sauternes. A Suduiraut, ce millésime est l’un de mes préférés, car il a une richesse et une complexité extraordinaires, mais il se caractérise aussi, comme les meilleurs vins rouges, par les superbes qualités d’équilibre, d’harmonie et d’élégance de ce millésime.

Nous avons reçu un groupe de journalistes distingués à Petit-Village, pour une dégustation de groupe des vins de Saint-Emilion et de Pomerol de l’UGC. Pour celui qui organise chez lui une telle dégustation, l’opportunité de parler à autant de journalistes en une seule visite est  déjà un avantage, mais il y a aussi celui qui consiste à se glisser dans la salle de dégustation après leur départ et à goûter soi-même tous les vins. Je les ai d’abord dégustés sans cacher les étiquettes, et j’ai pris des notes aussi abondantes que détaillées (uniquement pour mon usage personnel), puis j’ai fait une dégustation à l’aveugle, en reprenant des notes de dégustation. J’ai ensuite essayé de faire correspondre les deux séries de notes. Si vous n’avez jamais fait ce genre d’exercice, je vous le recommande car c’est une grande leçon d’humilité ! Mais il est fascinant également de constater les différences de perception dans les deux cas. Dans un monde idéal, on ferait probablement toujours deux dégustations, une à l’aveugle et l’autre non. En effet, il est évident que chacune des deux méthodes présente ses propres avantages.

Bien entendu, tandis que le monde entier se concentre sur le millésime 2009, la vie continue dans les vignobles et les chais. J’ai pris ces deux photos des premiers bourgeons de 2010 à Petit-Village alors que les vins de 2009 étaient en cours de dégustation. On sent que le printemps est de retour et c’est très agréable, après un hiver qui s’est avéré particulièrement rude, et pas seulement en ce qui concerne les conditions météorologiques.

Premiers bourgeons de 2010 à Petit-Village

Premiers bourgeons de 2010 à Petit-Village

Premiers bourgeons de 2010 à Petit-Village

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