Languedoc – Dégustation d’assemblage des vins de Mas Belles Eaux 2009

C’est un plaisir de retrouver la douceur du Sud après des semaines frigorifiantes à Bordeaux. La différence de température (de -6° à 12°) est appréciable, et souligne bien la différence climatique entre les deux régions. Avant la dégustation, nous avons fait un tour dans le vignoble. J’ai une affection particulière pour Mas Belles Eaux et vous allez comprendre pourquoi avec les photos qui vont suivre.

Nous avons acheté les deux vignobles de Sainte Hélène et Belles Eaux en 2002.  En les réunissant, nous avons créé Mas Belles Eaux. Depuis lors, nous avons mené un travail de transformation d’une grande partie du vignoble : palissage, surgreffage, replantations. Quelques parcelles n’ont eu cependant besoin d’aucun changement. La magnifique parcelle de vieux Carignans en photo ci-dessous en est un parfait exemple.

Les vieux Carignans de Mas Belles Eaux

Les vieux Carignan de Mas Belles Eaux

Ces vieilles vignes splendides, plantées dans les années quarante au cœur des terroirs nobles de la propriété, produisent naturellement un très faible rendement d’un vin remarquable, profond et plein de caractère. Il entre dans la composition du Grand Vin de Sainte Hélène.  Nous en mettons aussi individuellement en bouteille, en petites quantités, en tant que vin de cépage Vieux Carignan, sous l’étiquette Mas Belles Eaux. J’ai ainsi ouvert ce dimanche une bouteille du millésime 2007. Et j’ai été frappé non seulement par sa fraicheur et son équilibre, mais aussi par sa finesse, caractéristique que je n’aurais pas automatiquement associée à ce cépage avant de le connaitre un peu mieux.

J’ai apprécié de mieux comprendre un autre cépage à Mas Belles Eaux : le Mourvèdre. Plusieurs hectares de ce cépage étaient par chance déjà plantés. Les résultats ont été si encourageants que nous avons décidé de surgreffer des vieilles vignes Cinsault avec du Mourvèdre pour augmenter la proportion de ce cépage noble dans le vignoble.

A droite une parcelle de Grenache Noir, juste avant la taille, et à gauche, une parcelle de Mourvèdre

Cette parcelle est au sommet des coteaux de Mas Belles Eaux

Vous voyez ici à droite une parcelle de Grenache Noir, juste avant la taille, et à gauche, une parcelle de Mourvèdre qui a été surgreffée sur du Cinsault, des vignes assez âgées en l’occurrence, plantées en 1973.  Au fond vous apercevez la Montagne Noire. Cette parcelle est au sommet des coteaux de Belles Eaux.

Comme avec le Vieux Carignan, le Mourvèdre entre dans l’assemblage du Grand Vin Sainte Hélène (ainsi que dans Les Coteaux). Nous en mettons aussi une petite quantité en bouteille en tant que cépage unique, sous l’étiquette Mas Belles Eaux Mourvèdre.

En fait, j’ai aussi ouvert dimanche dernier une bouteille de notre Mourvèdre 2008 en même temps que le Vieux Carignan, dans le simple but de les comparer. Ce fut fascinant d’observer la différence de style marquée entre les deux. Ils nous ont donné autant de plaisir l’un que l’autre – les carafes ont vu leur niveaux descendre à une même allure – tout en possédant des personnalités complètement différentes. C’est une expérience que je ne peux que vous encourager à reproduire par vous-même, et de préférence régulièrement.

Grenache surgreffé sur du Cinsault vieille vigne

Grenache surgreffé sur du Cinsault vieille vigne

Voici de plus près un surgreffage récent. Il s’agit d’un Grenache surgreffé sur du Cinsault vieille vigne. Nous avons connu ici un grand succès concernant les surgreffages de vieilles vignes. Ceci nous permet de profiter de leur âge et de la structure de leurs racines, en changeant de cépage quand nous le jugeons approprié.

C’est la Syrah qui est au cœur des assemblages pour les vins Sainte Hélène et Les Coteaux. Voici quelques pieds de nos meilleures Syrah, dans la parcelle qui s’appelle la Cacarie.

Le Terroir de Mas Belles Eaux

Le terroir de Mas Belles Eaux

Dans la photo ci-dessus, vous pouvez observer quelque chose du terroir de Mas Belles Eaux: des couches profondes de graves mélangées avec de l’argile ferrugineux, qui donne au sol sa couleur rouge typique, et aux Syrah plantées ici de la finesse et de l’élégance.

La couleur rouge et la présence des graves sont encore plus manifestes dans la photo suivante, qui montre quelques vignes de Grenache, dans la parcelle que nous appelons Gil. Le soleil en train de se coucher  met davantage en valeur le rouge, mais le sol est vraiment de cette couleur !

Les Grenache au sommet du plateau de Belles Eaux

Les Grenache au sommet du plateau de Mas Belles Eaux

Ces photos devraient vous donner une idée des raisons qui nous ont convaincus d’acheter ici. Nous avons cherché pendant 18 mois avant de trouver Mas Belles Eaux. Il y a ici un terroir sérieux, capable de produire de Grands Vins. La qualité progresse constamment depuis que nous avons commencé les travaux dans le vignoble. Notre but est de produire ici des vins de terroir, qui exprime le lieu dont ils sont issus, que ce soit à travers un assemblage de Syrah, de Grenache, de Mourvèdre et de Carignan ou parfois dans un vin monocépage issu de l’un de ces quatre cépages. Il y a quelque chose de magique dans cet endroit, et notre but est de l’exprimer dans les vins de Mas Belles Eaux.

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La taille à Petit-Village

En cette période, à la veille  de Noël, les vignobles peuvent paraitre un peu tristes et mornes, mais cette période de l’année a son propre charme. Bien sûr, le cycle de la vie du vignoble continue, malgré le temps. A Petit-Village ce matin, la taille est en cours. Ceci est une des tâches les plus dures du vignoble, ayant lieu dans l’humidité froide de l’hiver. Voici une perspective d’une des parcelles de merlot à Petit-Village.

La taille à Petit-Village en décembre 2009

A gauche, vous voyez des jeunes vignes de merlots qui n’ont pas été encore taillées, et à droite, des vieilles vignes de merlot qui viennent d’être taillées selon la méthode du Guyot Simple.
 
 
Une jeune vigne à tailler

Voici un gros plan d’une jeune vigne merlot avant la taille.

 
Une vielle vigne dejà taillée

Et voici une vieille vigne de merlot qui vient d’être taillée, mais pas encore attachée.

Après une tournée dans le vignoble, nous avons dégusté les vins de 2009 dans la salle de dégustation. Pour les dégustations formelles d’assemblage de Petit-Village, notre consultant Stéphane Derenoncourt sera là avec nous ainsi que des membres de son équipe. Mais aujourd’hui, c’était Daniel LLose, Serge Ley, directeur technique de Petit-Village, et moi-même. C’était une dégustation remarquable et passionnante. Beaucoup de choses se sont passées à Petit-Village ces dernières années, y compris la replantation importante de quelques parcelles, et une reconstruction totale du chai de vinification. Stéphane Derenoncourt nous a rejoint en tant que consultant en 2006, les nouveaux chais sont devenus opérationnels en 2007, et les résultats commencent à se voir dans les vins des dernières années.

Les vins de 2009 que nous avons dégustés ce matin sont tout simplement exceptionnels, peut-être le meilleur Petit-Village que nous n’ayons jamais fait, avec une intensité de fruit extraordinaire, de la fraîcheur, du volume, de l’harmonie et du gras. Nous attendons avec impatience l’opportunité de montrer ces vins lors des dégustations de printemps l’année prochaine!

Voici une photo de Daniel LLose et moi-même, visiblement de bonne humeur dans la salle de dégustation de Petit-Village.

Daniel LLose (à droite) & Christian Seely (à gauche) dans la salle de degustation de Petit-Village

Mon prochain billet sera sans doute en janvier. En attendant je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année, et j’espère que vous allez ouvrir quelques bonnes bouteilles entre amis et en famille.

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Nacional 2007 ?

« Je voulais vous poser une question au sujet du Nacional 2007 : pour quel motif n’a-t-il pas été commercialisé en tant que Nacional ? » me demandait Albino Tuosto en réponse à l’article sur la dégustation des vins du Douro que j’ai posté ici.

Voici ma réponse :

Nous n’avons pas déclaré de Quinta do Noval Nacional 2007, ce qui peut paraître étrange dans un millésime où les Vintage sont si beaux par ailleurs. En effet, le Nacional est un phénomène à part.

Comme vous le savez, il est élaboré avec des raisins issus de vignes franches de pied sur une petite parcelle au cœur du vignoble de Noval. Ceci confère une personnalité unique et originale au vin : lorsqu’il est excellent, comme ce fut le cas en 03, 00, 97, 96, 94 ou 63, il est assez extraordinaire, voire l’un des plus grands vins du monde. C’est un vin qui confirme une de mes convictions profondes : un vin est excellent grâce à la qualité du raisin, au caractère de l’année et au terroir dont il est issu. Ces éléments sont bien plus importants que toutes les actions que nous pouvons mener, que ce soit dans les vignes ou dans les chais.

Nous vinifions le Nacional de la même manière que tous les autres raisins issus du vignoble de Quinta do Noval : foulage au pied dans des lagares en pierre, procédé simple mais laborieux. Le résultat pour le Nacional est toujours très différent du vin provenant du reste de la Quinta. Le Nacional est ce qu’il est grâce aux raisins et au terroir, et non en raison d’un quelconque procédé que nous mettrions en œuvre.

Cependant, bien qu’il soit chaque fois différent, avec une personnalité originale, il ne suit pas nécessairement le même rythme que le reste du vignoble. En 1996 par exemple, où nous n’avons pas déclaré de Vintage, le Nacional était exceptionnel, et nous avons décidé de le déclarer. En 2007 au contraire, le Nacional ne s’est pas exprimé, tout simplement. Il avait décidé d’être excellent en 1996 ; il a décidé de ne pas l’être en 2007. C’est ainsi. La décision de ne pas déclarer de Nacional 07 a donc été relativement facile à prendre. Lorsque je suis arrivé à Noval en 1993, j’ai décidé que nous ne déclarerions jamais un Nacional qui ne soit pas excellent, décision à laquelle nous nous sommes toujours tenus depuis lors. Évidemment, on peut imaginer la tentation éphémère de déclarer le Nacional 07 malgré tout – nous aurions pu le vendre ! Mais nous sommes les gardiens de la réputation de ce vin magique, et sur le long terme, c’est ce qui compte. J’en suis donc désolé mais pas de Nacional 2007. En revanche, revenez me lire ici : chaque année est une nouvelle opportunité. Nous avons eu une belle série de grands Nacional au cours des dernières années, et je suis certain qu’il y en aura encore plus à l’avenir.

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Dégustation d’assemblage à Pichon du millésime 2009

Cette période de l’année est toujours aussi passionnante. Alors que l’hiver arrive, avec des journées froides et courtes, nous possédons en cave les fruits du soleil de l’année viticole dans les vins du millésime. A cette époque, nous commençons à déguster les lots. Nous nous réunirons plusieurs fois dans les semaines à venir avant de décider l’assemblage final en janvier ou février. Ce matin nous avons dégusté, comme d’habitude, tous les lots du vignoble de Pichon. 35 lots de vin correspondants aux différentes parcelles du vignoble, avec chacun leur personnalité individuelle. Le défi est de trouver le lot idéal pour le Grand Vin de Pichon, tout en maintenant le style typique des Tourelles.

Alors que les décisions d’assemblage sont prises sur la base d’une dégustation collective, il est remarquable de constater avec quelle régularité chaque année nous choisissons les mêmes parcelles pour la composition du Grand Vin. La même régularité est de mise pour le choix des parcelles qui rentrent dans la composition des Tourelles.

Voici l’équipe de dégustation de Pichon : de gauche à droite : Alexandra Lebossé, Daniel LLose, Jean-René Matignon, Eric Boissenot, Jacques Boissenot, Christian Seely.

Voici l’équipe de dégustation de Pichon : de gauche à droite : Alexandra Lebossé, Daniel LLose, Jean-René Matignon, Eric Boissenot, Jacques Boissenot, Christian Seely

Comme vous pouvez le voir, nous sommes de très bonne humeur devant ces magnifiques 2009. A ce stade, nous avons seulement une première approche de l’assemblage final, mais le Grand Vin de Pichon sera sans doute l’un des grands Pichons de l’histoire. Déjà il révèle une grande pureté, un fruit intense, une fraicheur et un équilibre étonnants.

Voici une photo un peu plus sérieuse qui montre Messieurs Boissenot père et fils en pleine action, accompagnés par Daniel LLose.

Messieurs Boissenot père et fils en pleine action, accompagnés par Daniel LLose

2009 est un grand millésime à Bordeaux, que ce soit rive droite ou rive gauche pour les rouges, mais aussi pour les Sauternes. Bien sûr, je vous ferai part de mes premières impressions à Petit-Village et à Suduiraut le moment venu.

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Tournée en Chine. Un verre de Château Pichon-Longueville en haut de la Grande Muraille

Je suis en Chine en ce moment, à la fois pour le lancement de notre nouvel accord de distribution avec Cofco, et aussi afin d’accompagner Ch’ng Poh Tiong pour la tournée de trois villes en Chine qu’il organise chaque année, 128 Great Years of Bordeaux. Nous avons eu droit à une cérémonie de signature remarquablement formelle avec Cofco, qui prend la distribution exclusive en Chine des Tourelles de Longueville, de Castelnau de Suduiraut et des vins de Mas Belles Eaux. Nous voici à la cérémonie de signature à Beijing.

Signature du nouvel accord de distribution avec COFCO

Cela fait quelques années que je viens en Chine maintenant, ma première visite a eu lieu en 1995. La transformation a été époustouflante : des secteurs entiers de villes sont devenus méconnaissables au bout de seulement quelques années. Du point de vue du vin, il y a eu aussi des changements remarquables, avec l’apparition de magasins de vin, de bars à vin d’un haut niveau et de restaurants merveilleux, à la fois chinois et internationaux, avec des cartes de vin très complètes et bien réfléchies. Des changements énormes en très peu de temps. En effet,  je suis sûr que dans dix ans nous nous rendrons compte que la situation d’aujourd’hui n’était seulement qu’un début.  

Il y a un an nous avons recruté un représentant local, Stéphanie Lim, grande professionnelle du vin. Nous avions un peu de temps libre samedi, et nous avons décidé d’amener une bouteille de Pichon à la Grande Muraille afin de boire un verre à notre avenir ici. Nous avons choisi un endroit extrêmement pentu, et nous nous sommes retrouvés tout seuls au sommet. Nous étions donc obligés de prendre la photo nous-mêmes. Voici donc d’abord une photo de moi avec un verre de Pichon sur la Grande Muraille.

Christian Seely avec un verre de Pichon sur la Grande Muraille

Et voici une photo de Stéphanie, naturellement plus en harmonie avec son environnement, et nettement plus jolie à regarder.

Stéphanie Lim avec un verre de Pichon sur la Grande Muraille

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