Archives du mot-clé Château Petit-Village

Primeurs 2014 à Bordeaux (VIDEO)

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Nous sommes au cœur de la semaine des Primeurs ici à Bordeaux, pour déguster le millésime 2014. C’est l’un de mes moments préférés de l’année. Le vignoble, qui d’habitude est assez calme et paisible, devient tout à coup le rendez-vous du monde entier. A Pichon Baron, par exemple, nous allons recevoir en 5 jours 1300 personnes qui viennent des quatre coins du monde. C’est un grand plaisir de rencontrer toutes ces personnes et de déguster avec elles le nouveau millésime.

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Compte-rendu de Vendanges 2014 : Château Petit-Village (Pomerol)

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Après le film spectaculaire des vendanges à Pichon Baron, j’ai pensé que pour vous donner une idée de la façon dont les vendanges se sont déroulées dans les autres propriétés, le mieux était de demander au directeur de chaque propriété son point de vue sur ce millésime 2014.

Marielle Cazaux, Château Petit-Village, Pomerol:

« La très belle arrière-saison de ce millésime nous a permis de vendanger à la carte; nous avons pu attendre que les peaux s’affinent et que les pépins mûrissent doucement… Nous avons commencé les Merlots le 23 septembre pour les plus jeunes parcelles. Les vignes de Merlot les plus âgées ont été récoltées entre le 28 et le 30 septembre.
Enfin, les Cabernets Francs et Sauvignons ont été vendangés le 6 et le 8 octobre.
Le profil aromatique des Merlots est sur la fraîcheur pour les plus jeunes parcelles, sur le fruit mûr pour les plus âgées. Nous avons une très belle concentration des tannins et la macération post fermentaire a donné beaucoup de gras aux vins. Les Cabernets sont gourmands et très bien structurés, ils sont encore en macération.
Nous avons fait un très joli millésime, avec de beaux équilibres de vin. Le bois neuf sera intégré à hauteur de 50 à 60 % pour préserver le fruit.
Les rendements sont encore un peu faibles puisque nous sommes à 30hl/ha, mais la qualité est présente! »

“The excellent arrière saison of this vintage enabled us to harvest à la carte. We were able to wait for the skins to become finer and for the pips to ripen gently.
We began the Merlots on 23 September for the parcels of younger vines. The older vine Merlots were harvested between the 28th and the 30th September. Finally the Cabernets Franc and Sauvignon were harvested on the 6th and 8th October.
The aromatic profile of the Merlots is about freshness for the younger parcels, and ripe fruit for the older vines. We have a lovely concentration of tannins and the post fermentation maceration gave a lot of depth to the wines. The Cabernets are seductive and very well structured. Their maceration finished just recently.
This is a very lovely vintage, with beautiful equilibrium in the wine. Young wood will be integrated at around 50 to 60% to preserve the fruit. Yields were pretty low at 30 hectolitres per hectare, but the quality is there!”

Lire les comptes-rendus de vendanges 2014 des autres propriétés:

Moments de Vendanges à Château Pichon Baron

Compte-rendu de Vendanges 2014 : Château Suduiraut (Sauternes)

Compte-rendu de Vendanges 2014 : Domaine de l’Arlot (Bourgogne)

Compte-Rendu de Vendanges 2014 – Quinta do Noval (Douro)

Compte-Rendu de Vendanges 2014 – Disznókő (Tokaj)

Compte-Rendu de Vendanges 2014 – Mas Belles Eaux (Languedoc)

Les Vendanges 2014 dans nos propriétés: Conclusion

Vendanges 2013 à Bordeaux

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J’ai pensé qu’il était temps de publier un compte rendu des vendanges 2013, telles que nous les avons vécues dans nos différentes propriétés. Il y a eu bon nombre de commentaires mal informés sur le millésime dans la presse (si vous n’étiez pas dans le vignoble pendant les vendanges et si vous n’avez pas goûté le vin, comment pourrait-il en être autrement?). Il pourrait donc être utile d’avoir la vision des propriétés.

La question la plus sensible est celle des vendanges pour les vins rouges de Bordeaux. Il est certain que cette année a été difficile d’un point de vue viticole. Il serait vain d’essayer de prétendre que 2013 est une grande année, voire une année exceptionnelle. Une telle tentative ne serait tout simplement pas crédible. Si j’essayais de le faire, vous ne croiriez pas un mot de ce que je dis, non seulement cette fois-ci mais aussi dans le futur. D’un autre côté, rejeter l’année 2013 et ses vins en les qualifiant de « mauvaise année » serait tout aussi entièrement faux. Je vais donc essayer d’expliquer comment nous avons vécu les conditions que la nature nous a donné, ce que nous avons fait pour protéger la qualité de nos raisins et des vins qui en résultent, et vous donner une idée de la façon dont j’évalue la qualité des vins rouges que nous avons produits.

Ce fut en fait une belle vendange à Sauternes tout comme à Tokaj en Hongrie. Je parlerai de ces deux vignobles la semaine prochaine, et je me concentrerai ici sur les vins rouges de Pichon Baron et de Petit-Village.

Tout d’abord, les conditions ont été sans aucun doute difficiles. Cela arrive à Bordeaux. Nous faisons du vin dans une région au climat océanique et, chaque année, même les grandes années, les équipes qui consacrent leur vie à s’occuper de nos vignes doivent relever un certain nombre de défis. En 2013, la nature ne les a pas épargnés. D’un point de vue professionnel, le challenge que représente le fait de surmonter le genre de difficultés que nous avons rencontrées en 2013, est extrêmement intéressant. Dans une année comme celle-ci, le travail est beaucoup plus difficile que lors d’une grande année, et le vin qui en résulte est souvent plus cher à nos cœurs que celui produit dans des conditions plus faciles. Nous avons dû nous battre à chaque étape de l’année viticole, et c’est une profonde satisfaction de voir et de goûter le résultat final.

Bien sûr, je suis conscient qu’écrire un article dédaigneux sur la qualité globale d’un millésime est un moyen facile de faire du journalisme à sensation – particulièrement facile si vous n’avez pas réellement goûté les vins. Mais je crois qu’appréhender les millésimes en ces termes tranchés, noir ou blanc, c’est méconnaître la nature du vin en général et en particulier la vraie nature des vins de Bordeaux, surtout en ce qui concerne les Grands Crus, où tant d’efforts et tant de ressources sont déployés pour assurer un résultat de qualité, quelles que soient les conditions que la nature ait pu nous donner.

Si vous avez la chance de faire une dégustation verticale d’un Grand Cru bien géré, sur une période de dix ans ou plus, il sera absolument évident que chaque année est différente à Bordeaux. Cela fait partie des attributs qui rendent ces vins fascinants. Et ce n’est pas seulement une question que quelques années soient  » meilleures  » que d’autres. Une comparaison de grandes années telles que 2005, 2009 et 2010, montre que, même lorsque les conditions étaient très favorables, l’infinie variabilité des conditions météorologiques dans une année donnée à Bordeaux produit des résultats très différents. Le 2005, magnifique année à Pichon Baron, est encore assez en retrait, sur la réserve, avec des tanins puissants et fins. Il a juste besoin de quelques années de repos encore avant de commencer à livrer son plein potentiel. Le 2009, quant à lui, a été séduisant et opulent depuis le début. Il ne montre aucun signe de « fermeture »comme cela arrive parfois. Il est en fait plus accessible que le 2005 aujourd’hui, même si c’est une année au moins du même niveau qualitatif et avec de nombreuses décennies de garde devant elle.

Chaque année est différente et évolue différemment dans le temps, ce qui contribue largement au plaisir d’élaborer et de boire ces vins. Prenons des années plus légères, comme 2004, qui n’a pas suscité beaucoup d’enthousiasme pendant la campagne primeurs. Aujourd’hui, il est parfaitement délicieux, velouté, frais, plein et équilibré, l’un des meilleurs millésimes à boire en ce moment. 2007, une année plus froide et plus difficile, montre plus d’évolution que 2004 et il se boit déjà très bien. Quant à 2008, également une année relativement fraîche, autre millésime qui n’a pas connu une énorme réussite lors de la campagne primeurs, c’est pour moi l’un des vins exceptionnels de la décennie et il commence à être reconnu comme tel.

Je pense donc qu’il est bon de rappeler que chaque année a sa propre personnalité. Se limiter à n’acheter et à ne consommer que de grandes années telles que 2005, même si ce sont de bons vins, ce serait passer à côté d’une meilleure compréhension de la propriété que vous suivez, et ainsi à côté de l’essence même du vin, tout en se privant d’un immense plaisir. Avant tout, je pense qu’il est prudent d’éviter toute sorte d’hystérie, que ce soit d’encenser le vin comme étant le plus grand de tous les temps, ou que ce soit de créer une sorte de pugilat annonçant la pire des années. Dans un grand vignoble bien géré, la situation est rarement toute noire ou toute blanche. La subtilité et les nuances sont au cœur des vins que nous faisons, et je pense qu’elles devraient également être au cœur de la façon dont ils sont jugés et appréciés.

Alors, que s’est-il passé dans les vignobles de Bordeaux en 2013? Je peux seulement vous faire un compte-rendu de la façon dont nous avons vécu les choses à Pichon Baron à Pauillac et à Petit-Village à Pomerol. Il ne fait aucun doute que la liste des problèmes est longue. Mais la culture du raisin et l’élaboration d’un vin n’est pas facile, elle n’est pas censée l’être. Je pense qu’il serait juste de nous juger sur les résultats de notre travail, et non sur la base des problèmes que nous avons rencontrés et surmontés.

Les difficultés :

Il a plu pendant la floraison. Il a fait également anormalement froid en mai et en juin. Nous avons donc eu beaucoup de coulure et de millerandage. Cela réduit le potentiel de rendement, et il est très important d’être très rigoureux, plus tard dans l’année, dans la sélection des raisins afin de s’assurer que tous les raisins verts qui pourraient être sur les vignes, en raison du millerandage, sont éliminés avant d’arriver en cuve.

Il a continué à faire froid et à pleuvoir de fin juin à début juillet, ce qui a retardé le développement du fruit.

En raison de cette humidité, il y a eu une forte pression de mildiou. Nous avons ainsi dû souvent traiter les vignes pour les protéger contre le mildiou.

Bien que juillet et août aient été chauds et ensoleillés, les vignes n’ont pas pu rattraper leur retard sur le temps perdu au début de l’été. Tout était donc en retard. Mais les rendements étant naturellement faibles, il y a donc eu peu de besoin de vendanges en vert, et les raisins ont pu mûrir plus facilement que si les rendements avaient été naturellement plus élevés.

Il a plu début septembre, ce dont nous n’avions pas besoin. Nous avons donc décidé d’enlever les feuilles sur le deuxième côté (nous les avions déjà enlevées sur un côté auparavant) afin de réduire l’humidité et de permettre une maturité maximale.

Enfin, nous avons eu un temps plus chaud fin septembre, bien que ce fût encore humide et inconfortablement tropical. Sur de faibles rendements, cela a permis à la maturité de progresser rapidement.

Cependant, la pression du Botrytis, en particulier sur les Merlots, nous a fait récolter les raisins plus tôt que nous aurions peut-être aimé le faire.

Toutes ces choses sont vraies. Donc, nous ne pouvons pas prétendre que cela a été une année facile, ni que ce fut une année propice au millésime du siècle.

Et alors ? Mes premières dégustations de vins, aussi bien à Pichon Baron qu’à Petit-Village, ont été des moments de soulagement intense. S’il est vrai qu’il y avait de la pourriture dans les vignes, en particulier sur les Merlots du Médoc au moment des vendanges, un système rigoureux de tri a éliminé toute trace de celle-ci. Le résultat est un rendement très faible, mais des vins d’une grande pureté de fruit et de fraîcheur. J’étais aussi inquiet de la possibilité de tanins verts ou pas mûrs, mais ce n’est pas évident du tout à la dégustation, à l’exception d’un ou deux lots qui ne trouveront pas leur place dans le Grand Vin. Les acidités sont plus élevées que d’habitude, et je pense que ce sera une caractéristique de ce millésime, au moins à Pichon Baron et à Petit-Village. Mais je suis convaincu que les 2013 de ces deux propriétés sont de bons vins, un joyeux triomphe contre l’adversité, et la meilleure expression possible de leurs terroirs dans les circonstances de ce millésime. C’est après tout ce que nous visons chaque année. Mais ne vous fiez pas uniquement à ce que je dis. Venez goûter. Je pense que vous serez agréablement surpris.

Quant aux commentateurs à sensation qui ont exprimé des doutes sur le fait que le vin doive être présenté en primeur, ou si cela valait la peine de se déplacer dans ce cas de figure, je peux répondre que, bien sûr, le vin sera présenté en primeur, et que, bien sûr, il est intéressant de venir. Aimez-vous le vin? Alors, venez voir ce que nous avons réussi à faire avec une année comme 2013. Nous serons fiers et heureux de vous le montrer.

Les Cabernets à Pichon Baron – septembre 2013
Les Cabernets à Pichon Baron – septembre 2013
Les vendanges 2013 à Petit-Village
Les vendanges 2013 à Petit-Village

Semaine des Primeurs 2012 – Château Petit-Village (VIDEOS)

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Christian Seely

« Une grande pureté de fruit, de l’harmonie, un bel équilibre – un vin très séduisant »

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Marielle Cazaux, Directrice Technique de Château Petit-Village

« Délicat et soyeux, avec des notes chocolatées, florales et un fruit très frais»

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Benoit Lesueur, Cordier Mestrezat

« Château Petit-Village fait partie de l’élite des vins de Pomerol »

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La période de la Taille au Château Petit-Village et à Mas Belles Eaux

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C’est actuellement la période de la taille. J’ai trouvé intéressant d’échanger avec deux de nos talentueux directeurs techniques, Marielle Cazaux à Château Petit-Village et Cédric Loiseau à Mas Belles Eaux à propos du type de taille pratiquée dans leurs vignobles respectifs : le Guyot simple à Château Petit-Village et le Cordon de Royat à Mas Belles Eaux.

Marielle Cazaux. Château Petit-Village. Guyot simple

Marielle Cazaux
Marielle Cazaux

La Taille au Château Petit-Village
La taille au Château Petit-Village

Christian Seely (CS.) „Depuis quand procède-t-on à la taille des vignes ?“

Marielle Cazaux (MC.) „On ne sait pas précisément. Selon la légende, la première créature qui aurait taillé la vigne serait un âne. Un hiver, l’âne grignota les sarments et le viticulteur eut la surprise après la récolte de déguster des raisins plus sucrés et de bien meilleure qualité… Il décida depuis de tailler chaque année.“

CS. „Quel est le principe de la taille?“

MC. „On choisit les bois fructifères de l’année N-1 comme bois de taille afin que les bourgeons qui se développent soient fructifères en année N.“

CS. „La taille a donc pour but d’améliorer la qualité…“

MC. „La taille a plusieurs objectifs : maîtriser la production pour améliorer la qualité du raisin et limiter la croissance du pied. A Bordeaux, le vignoble est palissé. La taille permet de garder le pied le plus droit possible et d’éviter qu’ils s’envahissent. C’est aussi une manière de faciliter la récolte du raisin.“

CS. „Quelle est la règle d’art au Château Petit-Village ?“

MC. „La taille s’effectue en Guyot simple. Guyot, du nom d’un professeur de médecine qui a inventé ce type de taille qui consiste à laisser une latte avec 6 bourgeons et un courson (ou cot) avec 2 bourgeons sur du bois fructifère. On taille ainsi la première année, puis on inverse l’année suivante. Tout est une question de technique.“


Cédric Loiseau. Mas Belles Eaux. Cordon de Royat

Cédric Loiseau
Cédric Loiseau

La Taille à Mas Belles Eaux
La taille à Mas Belles Eaux

Christian Seely (CS.) „Quand se déroule la taille à Mas Belles Eaux?“

Cédric Loiseau (CL.) „De décembre à mars, six tailleurs procédent à la taille sur la propriété, en commençant par les cépages tardifs.“

CS. „Il existe ici deux types de taille, assez différentes. Pouvez-vous nous les expliquer?

CL. „Le gobelet et le Cordon de Royat sont les deux seules tailles autorisées pour l’appellation Languedoc. Le mode de conduite en Guyot ne s‘y prête pas notamment parce qu’on a une densité moins importante et que la concurrence entre les pieds est bien moins marquée.

La taille en gobelet est pratiquée quand le cépage a un port érigé et qu’il ne supporte pas le palissage, comme le Carignan. Visuellement, la taille en gobelet est ouverte et en trois dimensions, prenant ainsi la forme… d’un gobelet.

En revanche, quand le port est retombant, comme la Syrah, on taille  en Cordon de Royat. Si la première année, il s’agit d’une Guyot double, l’année d’après, on laisse la baguette et les sarments qui se sont développés. On taille sur ces sarments de manière a obtenir 3 coursons à 1 ou 2 yeux francs sur chaque bras de part et d’autre de l’axe de la souche. Ces coursons seront ensuite renouvelés chaque année. Ce mode de taille permet une meilleure répartition du raisin, à la différence du Guyot où la tendance est d’avoir plus de raisins à l’extrémité. Notre mode de taille nécessite plus de temps de travail par pied, mais nous en avons moins par hectare qu’à Bordeaux.“