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La tournée Vintage 2011 aux États-Unis

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Il y a quelques jours, j’effectuais une tournée aux États-Unis pour lancer les Portos Vintage 2011, conjointement avec le groupe Fladgate Taylor. Ce fût un réel plaisir de voyager ensemble et de partager notre enthousiasme pour ce grand millésime avec les journalistes, les représentants commerciaux, et les amoureux du Porto qui ont participé à ces dégustations aux quatre coins des Etats-Unis.

Nous sommes allés à Los Angeles, San Francisco et New York. Dans chaque ville, nous avions organisé une dégustation, principalement pour faire découvrir  les grands vins du millésime 2011, mais aussi pour faire déguster quelques Portos Vintage de la dernière décennie. Les 2007 et les 2003 ont fait grande impression, même si les 2011 ont été indéniablement les vedettes.

avec David Guimaraens
avec David Guimaraens
avec Adrian Bridge
avec Adrian Bridge

Comme  vous pouvez le voir sur les photos, l’ambiance était formidable. Je pense que nous avons tous apprécié de pouvoir faire goûter nos vins à ces dégustateurs enthousiastes. Les 2011 semblent avoir capté l’imaginaire collectif du monde du vin, et c’est mérité: je suis sûr qu’il est l’un des plus grands millésimes que l’on n’ait jamais eu.

En train de présenter Quinta do Noval Vintage Nacional 2011
En train de présenter                                       Quinta do Noval Vintage Nacional 2011

Mais la présence de millésimes plus anciens a permis de nous rappeler à quel point ces vins peuvent être grands, et pas seulement dans les très grandes années: les 2004 et les 2008, que nous avons présentés aux tables Quinta do Noval et Quinta da Romaneira, et qui n’étaient pas des années de « Déclaration Génerale », étaient très agréables, et dans les deux cas agréables à boire dès à présent. Je dis cela de manière parfaitement objective, étant donné qu’il ne nous reste presque plus ni de l’un, ni de l’autre. Tous ceux qui en ont peuvent les déguster avec plaisir.

Il s’agissait de la dernière étape d’un voyage autour du monde, étant donné que j’étais à Hong Kong juste avant, cette fois-ci pour les vins de Bordeaux. Une dernière chose qui m’a frappé durant ce voyage : les Etats-Unis produisent aujourd’hui quelques bières fantastiques. Il y a peu de choses plus agréables qu’une journée de dégustation de portos millésimés, puis à la fin de cette journée, une bière de microbrasserie (j’ai entendu des vignerons australiens définir ce moment précieux comme «un ajustement du pH»). J’ai vraiment apprécié un ou deux ajustements de PH avec David Guimaraens durant ce voyage: tous les amateurs de Porto comprendront.

Les Portos Vintage 2011

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Je suis en ce moment dans le Douro où le temps est beau et ensoleillé et où règne la bonne humeur. Lundi, l’Institut des Masters of Wine a organisé à Londres une fantastique dégustation de tous les Portos Vintage 2011 déclarés, qui a confirmé que nous avons un grand millésime entre nos mains.

A Noval, nous avons déclaré Quinta do Noval Vintage 2011 et également, pour la première fois depuis le millésime 2003, Quinta do Noval Vintage Nacional, ce qui est bien sûr un événement passionnant. A Romaneira, nous avons également déclaré Quinta da Romaneira Vintage 2011.

J’étais aussi dans le Douro il y a quelques semaines pour finaliser les assemblages avec António Agrellos et nous avons pris quelques photos dans la salle de dégustation. Comme vous pouvez le voir, nous étions plutôt enthousiastes sur les vins. C’est toujours un grand moment quand vous savez que vous avez un Porto remarquable que vous pouvez déclarer comme Vintage et, à Noval, c’est un événement rare et excitant d’être en mesure de déclarer aussi le Vintage Nacional. J’ai publié quelques articles sur le Nacional au cours de ces derniers mois, suite à la grande dégustation que nous avons faite à New York , ou encore il y a quelque temps, à propos de la dégustation du Nacional 94 avec le Wine Spectator , également à New York. Donc, pas besoin d’entrer dans le détail aujourd’hui sur ce qu’est le Nacional ou sur ce qui le rend si spécial. Mais il est intéressant de souligner qu’avec le 2011, c’est la première fois que nous avons voulu déclarer un Nacional depuis 2003, c’est vraiment un événement passionnant. Au moment de la déclaration du millésime 2007, beaucoup de gens m’ont demandé pourquoi il n’y avait pas de Nacional 2007. La réponse est celle que j’ai donnée lorsque j’ai commencé à travailler à Noval (heureusement pour moi le 94 était mon premier millésime) : ne jamais déclarer un Nacional qui ne soit pas clairement exceptionnel. Le vin qui venait de la parcelle Nacional en 2007 était très bon mais pas exceptionnel, et nous ne l’avons donc pas déclaré. Nous n’avions en revanche aucun doute concernant le millésime 2011.

Ici, je suis avec António dans la salle de dégustation à Noval, en compagnie d’Ausenda Matos, l’œnologue de Noval.

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Les deux photos suivantes donnent une idée du bonheur que nous avions à goûter les vins. J’aime les vins de 2011 et maintenant, après avoir goûté les vins de nos voisins et amis du Douro à la dégustation IMW, je suis sûr qu’il restera comme un Porto Vintage historique.

Christian Seely and António Agrellos

Christian Seely and António Agrellos

Il me semble que nous dégustons le Nacional sur cette photo. António et moi avons été ensemble responsables de l’élaboration des Nacional 94, 96, 97, 2000 et 2003. Cela commençait à nous manquer, et c’est merveilleux d’avoir à nouveau une grande déclaration de Nacional entre les mains.

Quinta do Noval Vintage est très beau, je pense que c’est l’un des meilleurs que l’on n’ait jamais eu. Et je suis sûr que Quinta da Romaneira Vintage 2011, dont nous avons produit seulement 700 caisses, est en effet le meilleur Romaneira jamais vu. Mes notes de dégustation ne sont probablement pas assez impartiales, mais je les donne ici juste pour mémoire. Heureusement, je ne suis pas journaliste et mes notes ne resteront pas dans les annales, mais je voulais juste vous les donner pour partager mes impressions sur ces vins.

Quinta da Romaneira Vintage 2011

Fruit intense et séduisant, frais et lumineux. Grande élégance et harmonie. Arômes profonds et complexes. Quelque chose de sauvage, typique de Romaneira.

Quinta do Noval Vintage 2011

Très séduisant. Belles notes florales fraîches au nez, de nombreux arômes complexes et délicats. De la violette. Une merveilleuse pureté et une douce précision de fruit. Une concentration intense et délicate à la fois. Des tanins fins et persistants.

Quinta do Noval Vintage Nacional 2011

Une personnalité affirmée et unique. Des tanins puissants, discrets et délicats. Un fruit très concentré, long et intense, une explosion en bouche, de l’équilibre et une belle fraîcheur. Grande présence.

Mais ne prenez pas mes paroles comme argent comptant. Lisez ce que les journalistes vont en dire, ou mieux encore, achetez-en !

Enfin, une photo d’António Agrellos qui, je pense, donne une idée de l’immense intelligence et du flair artistique qui ont influencé l’élaboration et l’assemblage des grands vins de Quinta do Noval au cours des 20 dernières années. J’ai tendance à voyager à travers le monde pour présenter Noval, ce qui me fait peut-être prendre une part du crédit pour ces vins, mais António est en fait la personne qui les fait. Je suis très chanceux d’avoir le plaisir de travailler avec António, tant à Noval qu’à Romaneira, et d’avoir ainsi pu offrir au monde quelques Portos Vintage exceptionnels au cours des deux dernières décennies dont le 2011 qui, je pense, pourrait être l’un des plus grands.

António Agrellos

Quelques jours dans la Vallée du Douro

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J’ai récemment passé cinq jours absolument magiques dans le Douro. Je n’ai pas souvent l’occasion d’y passer autant de temps, c’était donc un réel plaisir d’avoir plusieurs raisons d’y être.

Tout d’abord, j’avais invité l’équipe du Domaine de l’Arlot à venir y passer quelques jours pour leur séminaire annuel.

Pour chacun d’entre eux, ce fut une découverte de la vallée du Douro et, pour la plupart, également une découverte de la merveille que peut être un vin de Porto.

Il est vrai qu’en France, la plupart des gens ne connaissent le porto que dans sa forme la plus basique, un Tawny peu cher vendu dans les grandes surfaces. La première fois que l’on goûte un grand Colheita ou un porto Vintage peut donc être une véritable révélation.

Nous avons également fait quelques dégustations passionnantes de nos jeunes vins rouges du Douro et j’ai beaucoup apprécié leurs points de vue bourguignons sur ce que nous faisons ici avec les grands terroirs de Quinta do Noval et de Quinta da Romaneira, avec des vins rouges issus des cépages nobles habituellement utilisés pour les vins de Porto.

Pour les Bourguignons, la notion de terroir est primordiale, et ils ont rapidement saisi la distinction de style entre les vins rouges que nous faisons à Quinta do Noval et ceux de Quinta da Romaneira, confirmation s’il en était besoin que cette notion est tout aussi importante dans la Vallée du Douro qu’en Bourgogne.

L'équipe du domaine de l'Arlot
L'équipe du domaine de l'Arlot

Je dois avouer que cette découverte des plaisirs des vieux portos Tawny a fini tard dans la nuit de vendredi, j’ai donc estimé qu’aller courir tôt le samedi matin me permettrait de me clarifier les idées. Voici le point de vue du promontoire de Roncão, qui est à quelques kilomètres de Quinta do Noval, où nous cultivons des vignes qui produisent des portos de qualité Vintage.

En regardant à l’est de ce merveilleux endroit, vous pouvez voir le soleil se lever sur le fleuve Douro et sur Quinta da Romaneira, qui représente plus ou moins tout le coteau que vous voyez sur le côté gauche de la rivière.

Ce fut un moment exaltant, ce n’était pas la première fois que je vivais cette expérience incroyable: il y a de nombreuses années, je voyais ce vignoble de Quinta da Romaneira tôt le matin, depuis ce promontoire, et je rêvais à ce qui pouvait être réalisé dans ce vignoble extraordinaire.

Aujourd’hui, nous réalisons ce rêve.


Lever du Soleil

Ceux d’entre vous qui aiment le porto Tawny mais également la course à pied le matin comprendront qu’après quelques kilomètres de haut en bas dans le Douro, je commençais à avoir un peu soif. La perspective des quelques kilomètres de plus qui me séparaient encore de Quinta do Noval était un peu difficile.

Heureusement, au virage suivant, j’ai vu ce spectacle merveilleux.

Presque exactement à mi-chemin, il y avait ce bel oranger, comme à dessein.
Ce fut un moment assez magique. J’ai donc mangé quelques oranges, puis j’ai couru pour rejoindre les Bourguignons pour le petit déjeuner à Quinta do Noval.

C’est là que j’ai réalisé cette courte vidéo.

Si la video ne s’affiche pas correctement, visualisez la version en ligne ici

Le jour suivant, j’ai reçu la visite de Joe Wadsack et Chris Orr à Quinta do Noval.

Nous avons passé une très belle journée à parcourir la Quinta à pied et nous avons fait une dégustation passionnante de la gamme des vins rouges du Douro de Quinta do Noval ainsi qu’un ou deux portos.

Le lundi, ce fût l’équipe de Berry Brothers qui nous rendit visite pour une dégustation et nous avons regardé Monsieur José João Lopes travailler les vignes en terrasses traditionnelles avec Bonito le mulet, juste en-dessous de la terrasse et du cèdre de la Quinta. Tout comme la parcelle de Nacional de l’autre côté de la Quinta, c‘est une petite partie du vignoble que nous n’avons pas modernisée ou mécanisée.

Presque tous les autres anciens vignobles en terrasse de Quinta do Noval ont été replantés avec des cépages nobles du Douro, de manière à maintenir les terrasses fortifiées, mais aussi de façon à les rendre mécanisables, ce qui réduit grandement le travail éreintant que nécessite l’entretien manuel de ces vignobles.

Mais, juste ici, nous avons décidé de garder un peu du passé, pour montrer  le travail à l’époque et, comme vous pouvez le voir, nous continuons de travailler de manière très traditionnelle. Il est vrai que cette photo est comme sortie d’un autre siècle, mais il n’y a rien de mal à cela: Quinta do Noval faisait de grands vins dans les siècles précédents avec cette méthode.

Quelques Réflexions sur les Vins Rouges du Douro

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Cela fait maintenant près de dix-neuf ans que je m’occupe de Quinta do Noval, et huit ans que nous avons acquis Quinta da Romaneira, avec un groupe d’investisseurs privés. Même si je suis basé au Château Pichon-Longueville Baron à Bordeaux, la Vallée du Douro a ravi mon cœur il y a bien longtemps, et j’y retourne dès que je peux. La Vallée du Douro est l’une des grandes régions viticoles mondiales, qui s’exprime de manière sublime dans les grands Portos Vintage et les vieux Tawny, et je pense qu’il serait difficile de trouver quelqu’un qui aime ces vins plus que moi.

Cependant, être un amoureux du Porto ne signifie pas que l’on ne peut pas également se passionner pour le développement des nouveaux vins rouges du Douro ces dernières années. Ce qui est particulièrement remarquable, c’est l’étendue des progrès réalisés dans un délai aussi court, bien que le phénomène soit récent. Nous avons lancé nos premiers vins rouges à Quinta do Noval et à Quinta da Romaneira seulement en 2004. Nous vendons actuellement le millésime 2008 et commençons tout juste avec 2009. Le schéma est similaire pour la plupart des producteurs du nouveau vin du Douro : quelques-uns ont commencé un peu plus tôt, quelques-uns un peu plus tard, mais, en règle générale, cela reste très récent. Et pourtant, ces vins ont déjà commencé à se faire remarquer et à devenir des vins sérieux, qui méritent l’attention des amateurs de vin du monde entier.

Quand nous avons commencé notre projet de vin rouge, nous nous sommes posé un certain nombre de questions, dont les réponses ont évolué avec le temps. La première concerne les cépages à utiliser. Parmi les nombreux cépages rouges autorisés dans la Vallée du Douro, le Tinta Roriz, généralement considéré comme similaire au Tempranillo espagnol (même si nous avons des doutes sur la véracité de leur similitude), avait déjà fait ses preuves un peu plus en amont, en Espagne, sur les bords de la Ribeira del Duero. Ainsi, la plupart de nos premières expérimentations ont été réalisées avec ce cépage. Cependant, nous n’avons jamais été totalement convaincus par les résultats que nous avons obtenus à partir du Roriz seul. Cela est peut-être lié soit aux conditions dans le Douro, qui sont très différentes de celles de Ribeira del Duero, soit au fait que le Tinta Roriz n’est pas exactement identique au Tempranillo, ou peut-être aux deux à la fois.

Tinta Roriz. Douro
Tinta Roriz. Douro

Bien que nous utilisions du Roriz, en particulier dans l’assemblage du Cedro pour Noval, et dans l’assemblage du Sino pour Romaneira, nous nous sommes davantage concentrés sur les cépages Touriga Nacional, Touriga Franca et, dans une moindre mesure, le Tinto Cao. Nous avons également planté de la Syrah -cela peut être source de controverse- que nous utilisons dans des assemblages avec des cépages portugais (pour le Cedro de Noval), et aussi pour faire de très petits volumes de vins de cépage, aussi bien à Quinta do Noval qu’à Romaneira .

 Voici les raisins concernés
Voici les raisins concernés

Parmi les nombreuses questions auxquelles nous apportons des réponses et qui évoluent progressivement, voici une sélection qui me parait intéressante :

Est-il plus intéressant de faire des vins de cépage dans la région du Douro, que ce soit à partir de cépages du Douro ou d’autres régions, ou les assemblages sont-ils la voie à suivre?

Parmi les cépages du Douro, quels sont les plus appropriés pour faire des vins de cépage si l’on décide de poursuivre dans cette voie?

Compte tenu de la richesse et de la diversité des cépages portugais, pourquoi s’embêter à planter un cépage français comme la Syrah? Ce type de cépage a-t-il un rôle à jouer dans l’avenir des vins du Douro?

Quelles méthodes de vinification devrions-nous utiliser? Devons-nous traiter les raisins dans les lagares, comme pour le Porto, ou devons-nous vinifier en cuve? Quelles méthodes d’extraction sont appropriées? Quelle politique devrions-nous adopter à l’égard de l’élevage sous bois?

Quelle devrait être notre objectif dans la production de vins rouges du Douro? Devons-nous faire des vins à dominante fruitée, prêt à être bus jeunes, ce qu’on aurait pu appeler le «modèle du Nouveau Monde» il y a quelques temps, ou nous situons-nous dans le « vieux monde » en essayant de faire des vins de terroir qui nécessitent du vieillissement pour révéler leur personnalité?

Une fois ces questions posées, je vais essayer de donner quelques éléments de réponse indiquant la voie dans laquelle nous sommes finalement engagés. C’est évidemment un point de vue particulier, basé sur nos expériences à Noval et Romaneira, et aussi, inévitablement, sur des préférences personnelles. Il y a beaucoup d’expérimentations passionnantes dans le Douro et vous trouverez beaucoup de réponses différentes à ces questions. Une partie du plaisir réside dans le fait que des personnes avec des idées radicalement différentes vous donneront des réponses diverses, et peuvent faire des vins très intéressants avec des philosophies totalement différentes. Il y a beaucoup d’individualités et de caractères dans le Douro: dans les terroirs, dans les cépages, dans les personnes, et cela se voit dans les vins.

Pour en revenir à nos questions.

1) Est-il plus intéressant de faire des vins de cépage dans la région du Douro, que ce soit à partir de cépages du Douro ou d’autres régions, ou les assemblages sont-ils la voie à suivre?

2) Parmi les cépages du Douro, quels sont les plus appropriés pour faire des vins de cépage si l’on décide de poursuivre dans cette voie?

En ce qui concerne les cépages versus les assemblages, ma réponse est claire : nous aimons les deux, donc nous faisons les deux. Jusqu’ici, nous avons fait du vin de cépage uniquement avec du Touriga Nacional, à Noval et à Romaneira, mais je suis sûr qu’il y en aura beaucoup d’autres dans le futur. Ce que j’aime particulièrement avec le Touriga Nacional comme cépage unique pour un vin rouge, c’est sa merveilleuse qualité aromatique, florale et délicate. À son meilleur niveau, et après quelques années de vieillissement en bouteille, le Touriga Nacional développe un délicieux arôme évoquant des roses sauvages du Douro. Nous avons découvert cela presque par hasard à Noval lorsque nous avons fait un petit volume expérimental de Touriga Nacional en 2004 et l’avons mis de côté pour le faire vieillir en bouteille. Ce n’est que quelques années plus tard, lorsque nous avons ouvert les bouteilles que nous avons réalisé cela. Il était assez fermé au début quand nous l’avions mis en bouteille, le temps a été nécessaire pour révéler tout son potentiel. Il continue à s’améliorer avec le temps, même si, hélas, nous n’avons plus que quelques bouteilles de ce premier vin. Nous ne savons pas encore quel sera le réel potentiel de vieillissement de ces vins: notre expérience est trop récente.

Mais il y a aussi beaucoup à dire en ce qui concerne les assemblages. Nous aimons particulièrement l’assemblage de Touriga Nacional et de Touriga Franca. Le Touriga Franca a la particularité d’atteindre rarement plus de 12,5 degrés d’alcool potentiel, ce qui en fait un excellent élément dans un assemblage du Douro, où les niveaux élevés de sucre dans le raisin et les niveaux potentiellement élevés d’alcool (voir post précédent sur ce sujet – lien) nécessitent une gestion prudente. Ces dernières années, pour nos meilleurs vins d’assemblage, que ce soit pour Noval ou pour Romaneira, nous nous sommes tournés principalement vers un assemblage de Touriga Nacional et de Touriga Francesa. Le Francesa apporte de la fraîcheur et de l’équilibre, et très souvent nous complétons ce mélange avec un peu de Tinto Cao, un cépage excentrique, à maturation très tardive, assez peu planté, mais capable de produire de la très haute qualité, et qui semble ajouter un petit quelque chose aux assemblages Touriga.

3) Compte tenu de la richesse et de la diversité des cépages portugais, pourquoi s’embêter à planter un cépage français comme la Syrah? Ce type de cépage a-t-il un rôle à jouer dans l’avenir des vins du Douro?

C’est une question difficile. De nombreuses personnes m’ont posé ce genre de question, pensant probablement qu’en raison de mon amour pour la région du Douro et de ses vins, je me rangerais à l’argument qu’avec la variété de cépages différents qui existent déjà dans le Douro, il est vraiment inutile d’essayer d’autres cépages. Bien sûr, je comprends ce point de vue, et la majorité des vins que nous faisons à Noval et à Romaneira sont produits à partir de variétés Douro 100% comme les Touriga Nacional et Franca; Tinto Cao; Tinta Roriz. Cependant, je pense qu’il est aussi parfaitement valable d’essayer d’autres cépages: si le résultat est un succès, alors bien sûr nous continuons. Et si ce n’est pas le cas, nous arrêtons. Deux cépages illustrent cette approche : la Syrah et le Cabernet, que nous avons planté pour la première fois en 2000. Les deux se développent bien dans le Douro, mais de façon différente. Les résultats que nous avons obtenus avec le Cabernet sont des vins parfaitement corrects, mais dominés davantage par le caractère du Cabernet que par le terroir de la Vallée du Douro. Ils ressemblent à des vins de pays chauds du Nouveau Monde. Comme c’est exactement ce que nous ne voulons pas faire, nous avons arrêté le Cabernet dans le Douro et nous avons greffé les vignes, généralement avec du Touriga Franca. La Syrah, quant à elle, semble s’adapter parfaitement au Douro, et les vins qui en résultent sont une expression du terroir du Douro à travers le cépage Syrah. C’est pour cette raison que nous sommes très satisfaits des résultats de cette expérience et que nous avons l’intention de continuer. Le seul inconvénient est que, comme la Syrah n’est pas encore un cépage autorisé dans le Douro, tout vin qui contient de la Syrah, comme Cedro Noval (environ 30%), Labrador Noval (100%) et la Quinta da Romaneira (100%), doit être étiqueté comme « Vinho Regional Duriense » plutôt que DOC Douro. Je pense que c’est un peu dommage, car ces vins ont tout à fait la personnalité du Douro, mais les consommateurs ne semblent pas s’en soucier. Comme c’est souvent le cas, les subtilités de la réglementation locale intéressent les producteurs ou les régulateurs, mais sont peu pertinentes pour les personnes qui comptent vraiment, c’est-à-dire ceux qui achètent et boivent les vins.

Nous avons essayé d’autres cépages dans de très petites plantations expérimentales, comme le Petit Verdot, qui a donné un premier résultat très encourageant l’année dernière à Romaneira. Je pense qu’il méritera d’être mis en bouteille comme cépage unique. Nous avons également essayé le Mourvèdre, qui ne semble pas apprécier le Douro autant que nous le pensions.

Donc, ma réponse à la question, c’est que je pense que cela vaut la peine de faire de telles expériences, toujours dans le but de découvrir la clé pour faire de grands vins rouges dans la Vallée du Douro, des vins qui soient des expressions authentiques de leur terroir. Je crois que lorsque ces expériences sont couronnées de succès, comme cela a été le cas jusqu’à présent avec la Syrah en particulier, alors il y a un avenir pour ces cépages dans la région du Douro, soit comme cépage unique, soit dans un assemblage avec d’autres cépages du Douro.

Bien sûr, il y a des puristes qui insistent pour que les vins du Douro ne soient faits qu’avec les cépages existants du Douro, et nous faisons beaucoup de vins qui satisfont les puristes les plus exigeants, comme le vin rouge de Quinta do Noval, ou les Quinta da Romaneira rouge et Reserva rouge, qui sont tous produits uniquement à partir des cépages nobles du Douro. Mais je pense que l’on doit aussi garder un esprit ouvert à la possibilité que d’autres cépages puissent être capables de produire d’authentiques vins du Douro. Dans tous les cas, les cépages ont historiquement parcouru de longues distances avant de trouver leur emplacement actuel: le Douro n’a pas été créé le Troisième Jour avec tous ses cépages existants en place, ils sont là parce que des hommes les ont plantés là. Il s’agit d’un processus en continu, et je pense que nous y participons en essayant de nouvelles idées de temps à autre.

Quelles méthodes de vinification devrions-nous utiliser? Devons-nous utiliser les lagares pour les raisins, comme pour le Porto, ou devons-nous vinifier en cuve? Quelles méthodes d’extraction sont appropriées? Quelle politique devrions-nous adopter à l’égard de l’élevage sous bois?

En ce qui concerne cette question, je ne peux qu’apporter des réponses à partir de ce que nous avons développé jusqu’à présent, ce qui ne signifie en aucun cas qu’elles soient définitives. De nombreux amis et collègues dans le Douro font des vins que j’aime en utilisant des méthodes très différentes de la nôtre. Je ne crois pas qu’il existe nécessairement une bonne ou une mauvaise réponse à ces questions, à condition d’adopter une façon de travailler à laquelle nous croyons pour nos vins. Donc, en ce qui concerne les lagares, nous ne les utilisons pas pour le vin rouge, que ce soit à Noval ou à Romaneira. Notre raisonnement est que la plupart des cépages du Douro sont naturellement très tanniques, avec de petites baies et des peaux épaisses. C’est très bien pour faire du Porto, où des tanins puissants sont souhaitables et ne posent aucun problème en raison de la présence de sucre résiduel dans les portos, qui équilibre les tanins. Cependant, je crois que l’une des clefs pour faire sérieusement du vin rouge dans la Vallée du Douro est une gestion prudente des tanins, et la nature extractive du foulage au pied dans la méthode des lagares rend la chose difficile. Nous vinifions donc nos vins rouges à température contrôlée dans des cuves en acier inoxydable, dans le but de réussir le mieux possible nos extractions. En ce qui concerne le bois, notre approche a certainement évolué depuis le début, lorsque nous utilisions plus de bois neuf que nous ne le faisons maintenant. Les vins du Douro peuvent être assez facilement fortement marqués par le bois. Ainsi, aujourd’hui nous utilisons une proportion variable de bois neuf, peut-être 30% pour les Quinta rouges, et le reste sont des barriques qui ont déjà été utilisées avec un ou deux vins, certaines provenant de nos précédentes activités ici, d’autres achetées à Bordeaux ( en provenance de Pichon en fait).

Enfin:

Quelle devrait être notre objectif dans la production de vins rouges du Douro? Devons-nous faire des vins à dominante fruitée, prêts à être bus jeunes, ce qu’on aurait pu appeler le «modèle du Nouveau Monde» il y a quelques temps, ou nous situons-nous dans le « vieux monde » en essayant de faire des vins de terroir qui nécessitent du vieillissement pour révéler leur personnalité?

Sur cette question, pour moi la réponse est claire: nous sommes bien évidemment dans le « vieux monde », dans l’une des grandes régions viticoles historiques de l’Europe, dont le terroir et dont les cépages ont depuis longtemps prouvé leur capacité à produire des vins, sous forme de Vintage et de Tawny, d’une grande et profonde complexité et d’une grande finesse, capables de révéler des merveilles à travers un long vieillissement. Je suis convaincu que la région du Douro peut aussi produire de grands vins rouges non fortifiés, capables de long vieillissement et prêts à prendre leur place parmi les grands vins du monde. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas faire des vins très séduisants qui peuvent être bus tôt: il y a des vins rouges du Douro tout à fait délicieux et prêts dès maintenant sur les millésimes 2008 et 2009. Mais je suis convaincu qu’avec le temps, nous allons découvrir le plein potentiel de vieillissement que ces vins possèdent. Comme je l’ai dit au début, la chose extraordinaire est que, bien que le phénomène des vins du Douro soit récent, les vins qui ont été produits dans cette courte période sont passionnants. Il existe déjà de grandes choses à découvrir parmi les nouveaux vins rouges du Douro, et les prochaines années ne manqueront pas de révéler de passionnantes surprises.

Au sujet du niveau d’alcool dans les vins : Un grand Bordeaux rouge doit être frais, équilibré, fin, délicat et aromatique

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On me demande souvent mon opinion au sujet du niveau d’alcool dans les vins et je me suis dit que j’allais profiter de ce blog pour vous livrer quelques-unes de mes réflexions à ce sujet. Je ne peux m’exprimer que dans le cadre des domaines dont je m’occupe mais il me semble que la question est pertinente pour deux régions en particulier: Bordeaux et la Vallée du Douro.

Abordons tout d’abord le sujet de Bordeaux. Il est vrai que dans des propriétés comme Château Pichon-Longueville Baron et Château Petit-Village, les niveaux moyens d’alcool naturellement présents sont plus élevés qu’ils ne l’étaient auparavant. Je tiens à souligner qu’atteindre des niveaux d’alcool plus élevés n’est en aucun cas un objectif en soi, mais plutôt la conséquence logique de la façon dont nous travaillons dans les vignes aujourd’hui, celle-ci ayant considérablement évolué par rapport à la façon dont nous travaillions il y a vingt ans ou plus.

Aujourd’hui, quelques-unes des critiques les plus virulentes à propos du niveau d’alcool dans les vins de Bordeaux viennent principalement de l’ancienne génération, que ce soient des journalistes ou d’autres professionnels du vin, et souvent du Royaume Uni. L’argument général semble être que Bordeaux a quelque peu perdu son âme dans sa recherche de la maturité, et que «le vrai Claret » devrait ressembler aux vins d’autrefois, avec des niveaux d’alcool inférieurs. Ce style de vins était souvent difficle à apprécier pendant plusieurs années, voire des décennies, avant de révéler leur grandeur au bout dune très longue période. C’est assez caricatural, mais c’est un point de vue que l’on entend encore, même si c’est de plus en plus rare.

Je pense qu’il est important de réaliser à quel point la façon dont nous travaillons dans le vignoble bordelais a changé. Auparavant, les rendements à l’hectare étaient beaucoup plus élevés: deux fois plus qu’aujourd’hui, et parfois même au-delà. Les sélections se font aujourd’hui de manière beaucoup plus strictes, à la fois dans le vignoble et lorsque les raisins arrivent dans le chai. La sélection est également beaucoup plus rigoureuse au moment de l’assemblage, quand il s’agit de choisir les vins pour constituer le Grand Vin. L’objectif de toute cette rigueur, qui exige aussi d’être strict envers soi-même, est de parvenir à une meilleure qualité en limitant la production. Il va sans dire que l’élimination des raisins qui ne sont pas parfaits avant la vinification, apporte une plus grande précision et plus de finesse dans les vins – il suffit de regarder ce qui a été rejeté sur la table de tri en fin de journée pour comprendre qu’il est préférable de ne pas intégrer ces raisins dans le vin.

Mais surtout, accepter de baisser les rendements – dans les limites du raisonnable- nous permet d’obtenir une maturité phénologique des raisins beaucoup plus régulièrement. Le résultat est qu’il est relativement rare de trouver aujourd’hui de jeunes Grands Crus de Bordeaux aux tannins durs, verts, ce qui pouvait être une caractéristique dans le passé pour des années plus fraîches. Ce style de vins ne manque qu’à quelques-uns, alors que la grande majorité des amoureux du vin apprécie aujourd’hui le fait que l’on puisse faire presque chaque année des vins de grande qualité. Prenons l’exemple du millésime 2007 : auparavant, cela aurait sans doute donné des raisins manquant de maturité, mais en réalité cela a donné quelques excellents vins, très agréables aujourd’hui. Ceci a été obtenu au prix d’un dur labeur dans les vignes et au sacrifice de la quantité.

Cependant, l’effet secondaire de cette tendance a été de voir les degrés moyens d’alcool augmenter quelque peu. Au Château Pichon-Longueville Baron, nos vins atteignent régulièrement 13 degrés depuis quelques années, et à Petit Village, où il y a évidemment plus de Merlot, nos vins atteignent parfois les 14 degrés. Je rappelle que ces degrés légèrement plus élevés ne sont pas un objectif en soi, mais la conséquence de la quête incessante d’une qualité supérieure. L’objectif principal me semble être que les vins doivent être équilibrés et harmonieux. Sentir l’alcool à la dégustation est regrettable, mais si les vins sont comme ils doivent l’être, alors tout ce qui doit ressortir est le vin en lui-même, objectif que nous visons.

Il est important de comprendre qu’en parvenant plus régulièrement à une meilleure maturité phénolique, l’objectif n’est pas seulement d’atteindre des niveaux plus élevés de sucre (et donc potentiellement des niveaux plus élevés d’alcool), mais surtout d’avoir des tannins plus mûrs et plus fins. Nous choisissons la date des vendanges sur la base de notre dégustation des raisins, mais aussi sur la base de nos analyses de polyphénols et IPT qui indiquent la maturité phénolique optimale, quelques jours après avoir obtenu les niveaux de sucre souhaités. En d’autres termes, le taux de sucre n’est pas le seul critère. En vendangeant au moment optimal (il est tout aussi important d’attendre le bon moment que de ne pas attendre trop longtemps afin d’éviter la surmaturité) on obtient des tannins ronds, mûrs et soyeux , et c’est cela qui, avec l’acidité naturelle du raisin, contre-balance le taux d’alcool et permet d’obtenir équilibre et harmonie.

Je souscris sans réserve à l’idée qu’un grand Bordeaux rouge doit être frais, équilibré, fin, délicat et aromatique, le genre de vin dont on boit avec plaisir quelques verres autour d’un repas, et qui quand on sort de table procure une sensation de fraîcheur et un esprit clair. Je pense que les meilleurs vins de ces dernières années ont réussi avec brio à atteindre cet objectif, même si leur niveau naturel d’alcool peut être un degré plus élevé que dans les années précédentes.

Si l’on prend l’exemple spécifique du Château Pichon-Longueville Baron, nous avons produit moitié moins de Grand Vin ces dernières années que dans les années précédentes. Mais bien évidemment l’objectif de cette réduction drastique de la quantité de vin est d’obtenir le meilleur Château Pichon-Longueville Baron possible, et un niveau d’alcool légèrement supérieur à la moyenne n’est que la conséquence de ce que nous faisons, et non le but recherché.

Le deuxième lieu où cette question se pose (mais où la situation est assez différente) est la Vallée du Douro. L’un des développements les plus passionnants de ces dernières années dans le Douro a été l’apparition de vins rouges de haute qualité vinifiés en général à partir des cépages nobles du Porto, comme le Touriga Nacional, Touriga Franca ou Francesa, Tinto Cao, Tinta Roriz etc. A Noval nous produisons des vins rouges de grande qualité depuis 2004, et j’ai été tellement enthousiasmé par le potentiel de ces vins que j’ai acheté avec un groupe d’investisseurs privés le vignoble historique de Quinta da Romaneira, un peu plus loin dans la vallée. L’idée première était de faire des vins rouges du Douro, même si nous faisons aussi de petites quantités de Portos de grande qualité, à la fois en Vintage, Late Bottled Vintage et Aged Tawnies.

Bien sûr, le Douro est beaucoup plus ensoleillé que Bordeaux, et les raisins peuvent souvent atteindre des niveaux élevés de sucre, qui se traduisent par des niveaux élevés d’alcool dans le vin. Pour le Porto, ce n’est pas tellement un problème: si vous fortifiez le vin pendant la fermentation, ce n’est pas vraiment un problème si le potentiel d’alcool des raisins récoltés est de 14 ou 15 degrés. Avec le vin rouge, la situation est nettement différente, et nous avons fait des vins à 14,5° et parfois un peu plus.

Encore une fois, je pense que le plus important est la façon dont les vins se dégustent: on ne doit pas sentir l’alcool lorsque l’on goûte le vin. Généralement, si vous dégustez un Douro rouge puissant, épicé et aromatique, avec beaucoup de fruits et bien équilibré, vous n’allez pas remarquer l’alcool, du moins pas comme un élément négatif. Naturellement l’expérience est légèrement différente avec un vin classique de Bordeaux: une réponse simple serait de boire un peu moins de vin si le niveau d’alcool est élevé. Cependant, ceci étant dit, nous avons remarqué que le Touriga Franca ou Francesa, même avec les conditions du Douro, avait un potentiel d’alcool qui s’élèvait très rarement au-dessus de 12,5 degrés. Ainsi, nous mettons davantage de ce cépage dans notre assemblage de Quinta do Noval que précédemment, et l’une des principales raisons est la capacité de ce cépage à réduire le niveau d’alcool moyen dans l’assemblage final. Par ailleurs, il est vrai que ses qualités aromatiques se marient aussi très bien avec le Touriga Nacional pour faire un grand vin, ainsi le résultat est un succès à tous les niveaux . Pour ces raisons-là, nous avons à la fois planté et greffé davantage de Touriga Franca ou Francesa dans le Douro ces dernières années.

En conclusion, je ne pense pas qu’un niveau d’alcool plus élevé dans les vins soit souhaitable, et nous essayons de l’éviter, mais parfois cela se produit inévitablement, que ce soit en raison d’une politique de baisse des rendements et de sélection plus stricte à Bordeaux, ou pour des raisons d’ensoleillement comme dans le Douro. Je crois que le plus important quand vous avez des vins avec des teneurs en alcool plus élevées, est la perception de cet alcool à la dégustation: tant que le vin est harmonieux et équilibré alors je ne vois pas en quoi cela pose un problème. Naturellement, si on voit un degré d’alcool élevé sur l’étiquette d’une bouteille, on doit ajuster la quantité que l’on décide de boire en conséquence, mais tout cela n’est que du bon sens. Personnellement, je ne peux pas dire que c’est quelque chose qui m’inquiète beaucoup quand je bois un vin. Ce qui m’importe est de savoir comment le vin se déguste: si vous avez un grand vin à 13 ou 14 degrés, et que ce niveau d’alcool est la conséquence d’un ensemble de facteurs complexes qui entrent dans la génèse du vin, je pense que vous devez simplement l’accepter et apprécier le vin, ce qui est finalement le seul objectif de tout ce que nous faisons.