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Vendanges 2010 – Conditions générales

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Maintenant que nous avons eu le temps de déguster et redéguster les vins du remarquable millésime 2010 à Bordeaux, le moment est venu de poster le compte-rendu des vendanges. Les bruits, que vous avez peut-être déjà entendus, sont parfaitement justifiés. 2010 est une année exceptionnelle à Bordeaux. Je vous donne ici un résumé du millésime dans tous nos vignobles, à Bordeaux et ailleurs.

Bordeaux – le tri des grappes à Château Pichon-Longueville  - Pauillac
Bordeaux – le tri des grappes à Château Pichon-Longueville - Pauillac

Dans le bordelais, même si on a connu une fin de printemps et un été relativement secs, les vignes n’ont pas montré de signes significatifs de stress hydrique.

Les vendanges 2010 ont donné naissance à un millésime qui va indéniablement trouver sa place dans le haut du classement des millésimes avec une maturité exceptionnelle. D’un point de vue analytique, les niveaux de maturité battent des records, aussi bien sur les taux de sucres que sur ceux de polyphénols. Dans un style quelque peu différent, 2010 va pouvoir rivaliser sans aucun complexe avec son prédécesseur, le superbe millésime 2009.

2010 sera une grande année pour les blancs secs, les rouges et aussi pour les liquoreux, grâce à l’arrivée parfaite du Botrytis qui nous a permis de récolter une deuxième et troisième tries impressionnantes.

Le sud de la France a aussi connu une période de sécheresse pendant l’été. Nous avons utilisé pour la première fois un arrosage goutte-à-goutte sur une petite moitié du domaine, optimisant ainsi encore la qualité. Ici aussi, 2010 sera beau.

Bourgogne - Les vendanges au Domaine de l’Arlot - Nuits Saint Georges
Bourgogne - Les vendanges au Domaine de l’Arlot - Nuits Saint Georges

La Bourgogne a eu un peu moins de chance avec un hiver rigoureux, des gelées sévères qui ont fait des dégâts dans certains climats entraînant une baisse de volume non négligeable qu’une floraison irrégulière n’a pas améliorée. Un très faible rendement donc, mais une belle maturité pour ces 2010 et des vins charmants en dépit des difficultés climatiques de début d’année.

Tokaj – Disznókő – La vendange grain à grain des baies aszú
Tokaj – Disznókő – La vendange grain à grain des baies aszú

Tokaj n’a pas connu la sécheresse, bien au contraire : 800 mm d’eau sont tombés entre avril et mi-septembre. Année difficile marquée par une forte pression parasitaire, une très faible sortie, une floraison chaotique, avec pour conséquence une des plus petites récoltes de l’histoire de Disznókő. Les grains aszús vendangés permettront tout de même la production d’un millésime dans le style du 2004, aromatique, d’une belle vivacité et d’une structure privilégiant la finesse et l’élégance à la puissance.

Douro - Quinta do Noval – Foulage au pied dans les lagares
Douro - Quinta do Noval – Foulage au pied dans les lagares

Le Douro a connu une récolte d’un volume impressionnant, ce qui n’était pas arrivé depuis 2007. Cette production conséquente présente des vins très purs, élégants, aromatiques et bien structurés, tant pour les portos que pour les vins rouges secs.

Semaine des primeurs à Bordeaux

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La semaine dernière, le monde entier s’est donné rendez-vous à Bordeaux, pour goûter le millésime 2009. Il s’agit pour nous de l’une des semaines les plus mouvementées de l’année, puisque les visiteurs se succèdent toute la journée sans discontinuer et qu’un dîner est généralement organisé chaque soir. Malgré tout, c’est aussi une semaine que nous attendons avec impatience.

On pourrait objecter que dans la vie d’un vin, le mois de mars qui suit la récolte n’est peut-être pas le moment le plus approprié pour juger de sa valeur intrinsèque. Force est pourtant de constater que c’est exactement ce que tout le monde s’efforce de faire.

On évalue la qualité et le style du millésime, ainsi que les performances relatives de chaque propriété. Pour les producteurs tels que nous, c’est un moment excitant et angoissant à la fois. Le résultat de tout notre travail dans les vignes et dans le chai est soumis à l’examen des professionnels du vin. Bien entendu, nous avons notre propre opinion sur nos vins, mais nous sommes probablement trop passionnément impliqués dans ce que nous faisons pour pouvoir porter nous-mêmes un jugement objectif (bien que nous nous efforcions de le faire). Ainsi, il incombe à nos visiteurs de nous donner leur verdict, qu’ils soient journalistes, clients ou négociants. Vont-ils confirmer toutes les opinions que nous nous sommes faites sur la qualité de nos vins ? Vont-ils remarquer ce que nous avons essayé de faire ?

C’est dans la salle de dégustation de Pichon que nous recevons la plupart des visiteurs. La semaine dernière, j’ai également passé une partie du temps à Petit-Village, mais j’ai passé deux jours dans la salle de dégustation de Pichon. Déguster nos vins avec tous ces visiteurs différents au cours de la journée et écouter ce qu’ils ont à dire sur les vins et le millésime est une expérience fascinante et très agréable. Certains ne disent rien, bien sûr, le plus souvent ce sont les journalistes. Dans ce cas, on les accueille, on essaie de deviner la réaction d’après les expressions énigmatiques sur le visage des dégustateurs en question, puis on attend de lire ce qu’ils ont à dire. Cependant, ceux qui se sont exprimés ouvertement pour confirmer l’impression générale selon laquelle 2009 est un grand millésime sont suffisamment nombreux et le « buzz » autour de Pichon, Petit-Village et Suduiraut a été extrêmement positif. Nous devons maintenant attendre que les verdicts soient rendus publics et nous donnent une image complète du jugement des professionnels du vin sur le millésime et sur nos vins.

Pour ce que ça vaut, j’aime énormément le millésime 2009. Je me suis efforcé de faire des dégustations partout où j’ai pu le faire et je pense qu’il y a des vins vraiment excellents cette année. Mes préférés sont ceux qui, à mon avis, ont réussi à capturer l’essence du millésime 2009. Ces vins ont un fruit d’une très belle pureté et une concentration intense, mais se caractérisent surtout par leur harmonie et leur équilibre et par des tanins soyeux et d’une élégance extraordinaire, parfaitement enrobés par le fruit, bien que l’analyse révèle une forte teneur en tanins. Certains ont choisi de pousser davantage l’extraction, et leurs vins se caractérisent par des tanins plus présents, mais aussi par une concentration extrême du fruit. Je pense que 2009 sera une année marquée par les différences de style entre ceux qui ont recherché l’élégance et la finesse et ceux qui ont choisi de se concentrer sur une puissance plus grande. Pourtant, globalement, les vins sont formidables et je pense que l’opinion générale est qu’il s’agit d’un grand millésime pour Bordeaux. On a accordé une telle attention aux magnifiques vins rouges qu’il serait facile d’oublier que 2009 a également été une grande année pour les Sauternes. A Suduiraut, ce millésime est l’un de mes préférés, car il a une richesse et une complexité extraordinaires, mais il se caractérise aussi, comme les meilleurs vins rouges, par les superbes qualités d’équilibre, d’harmonie et d’élégance de ce millésime.

Nous avons reçu un groupe de journalistes distingués à Petit-Village, pour une dégustation de groupe des vins de Saint-Emilion et de Pomerol de l’UGC. Pour celui qui organise chez lui une telle dégustation, l’opportunité de parler à autant de journalistes en une seule visite est  déjà un avantage, mais il y a aussi celui qui consiste à se glisser dans la salle de dégustation après leur départ et à goûter soi-même tous les vins. Je les ai d’abord dégustés sans cacher les étiquettes, et j’ai pris des notes aussi abondantes que détaillées (uniquement pour mon usage personnel), puis j’ai fait une dégustation à l’aveugle, en reprenant des notes de dégustation. J’ai ensuite essayé de faire correspondre les deux séries de notes. Si vous n’avez jamais fait ce genre d’exercice, je vous le recommande car c’est une grande leçon d’humilité ! Mais il est fascinant également de constater les différences de perception dans les deux cas. Dans un monde idéal, on ferait probablement toujours deux dégustations, une à l’aveugle et l’autre non. En effet, il est évident que chacune des deux méthodes présente ses propres avantages.

Bien entendu, tandis que le monde entier se concentre sur le millésime 2009, la vie continue dans les vignobles et les chais. J’ai pris ces deux photos des premiers bourgeons de 2010 à Petit-Village alors que les vins de 2009 étaient en cours de dégustation. On sent que le printemps est de retour et c’est très agréable, après un hiver qui s’est avéré particulièrement rude, et pas seulement en ce qui concerne les conditions météorologiques.

Premiers bourgeons de 2010 à Petit-Village
Premiers bourgeons de 2010 à Petit-Village

Premiers bourgeons de 2010 à Petit-Village

La taille à Petit-Village

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En cette période, à la veille  de Noël, les vignobles peuvent paraitre un peu tristes et mornes, mais cette période de l’année a son propre charme. Bien sûr, le cycle de la vie du vignoble continue, malgré le temps. A Petit-Village ce matin, la taille est en cours. Ceci est une des tâches les plus dures du vignoble, ayant lieu dans l’humidité froide de l’hiver. Voici une perspective d’une des parcelles de merlot à Petit-Village.

La taille à Petit-Village en décembre 2009

A gauche, vous voyez des jeunes vignes de merlots qui n’ont pas été encore taillées, et à droite, des vieilles vignes de merlot qui viennent d’être taillées selon la méthode du Guyot Simple.
 
 
Une jeune vigne à tailler
Voici un gros plan d’une jeune vigne merlot avant la taille.
 
Une vielle vigne dejà taillée
Et voici une vieille vigne de merlot qui vient d’être taillée, mais pas encore attachée.

Après une tournée dans le vignoble, nous avons dégusté les vins de 2009 dans la salle de dégustation. Pour les dégustations formelles d’assemblage de Petit-Village, notre consultant Stéphane Derenoncourt sera là avec nous ainsi que des membres de son équipe. Mais aujourd’hui, c’était Daniel LLose, Serge Ley, directeur technique de Petit-Village, et moi-même. C’était une dégustation remarquable et passionnante. Beaucoup de choses se sont passées à Petit-Village ces dernières années, y compris la replantation importante de quelques parcelles, et une reconstruction totale du chai de vinification. Stéphane Derenoncourt nous a rejoint en tant que consultant en 2006, les nouveaux chais sont devenus opérationnels en 2007, et les résultats commencent à se voir dans les vins des dernières années.

Les vins de 2009 que nous avons dégustés ce matin sont tout simplement exceptionnels, peut-être le meilleur Petit-Village que nous n’ayons jamais fait, avec une intensité de fruit extraordinaire, de la fraîcheur, du volume, de l’harmonie et du gras. Nous attendons avec impatience l’opportunité de montrer ces vins lors des dégustations de printemps l’année prochaine!

Voici une photo de Daniel LLose et moi-même, visiblement de bonne humeur dans la salle de dégustation de Petit-Village.

Daniel LLose (à droite) & Christian Seely (à gauche) dans la salle de degustation de Petit-Village

Mon prochain billet sera sans doute en janvier. En attendant je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année, et j’espère que vous allez ouvrir quelques bonnes bouteilles entre amis et en famille.